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	<title>Billy Muhoza &#8211; e-menye</title>
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	<description>Once a blogger, forever a blogger</description>
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	<title>Billy Muhoza &#8211; e-menye</title>
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		<title>Ils ont brisé mes rêves : violée par mon père, trahie par mes pairs… (Episode 1)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Billy Muhoza]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jul 2025 15:33:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans ma société, un simple uniforme  peut suffire à briser le rêve d’un enfant. Bienvenue chez moi. Ici, les ambitions d’une fille pèsent moins lourd qu’une plume d’oiseau et le calvaire des victimes ne fait que commencer. Je vous raconte. Je suis née le jour où ma mère est décédée. Ma venue au monde a [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Dans ma société, un simple uniforme  peut suffire à briser le rêve d’un enfant. Bienvenue chez moi. Ici, les ambitions d’une fille pèsent moins lourd qu’une plume d’oiseau et le calvaire des victimes ne fait que commencer. Je vous raconte.</em></strong><span id="more-478"></span></p>
<p>Je suis née le jour où ma mère est décédée. Ma venue au monde a coûté une vie. C’est choquant, non ? On dit souvent que la vie commence par des pleurs, mais ce jour-là, ce ne sont pas les miens qu’on a entendus. Ce sont ceux des autres. Pas de joie, mais des larmes de chagrin, parce qu’elle était partie, parce qu’elle ne serait plus là pour m’aimer, me porter, me bercer.</p>
<p>Je n’ai jamais connu la chaleur de ses bras ni goûté à la douceur de sa voix. Je n&rsquo;ai eu droit qu&rsquo;à des blagues qu&rsquo;on me racontait à demi-mot, des photos abîmées, des souvenirs qui ne m&rsquo;appartiennent même pas. J’ai grandi dans les bras d’une autre femme, ma tante, qui a fait ce qu’elle a pu. Elle m’a donné ce qu’elle avait : un toit, à manger, et j&rsquo;en passe. Et moi, je l’aimais comme ma maman, après, c’est la seule ce que j’avais.</p>
<p><strong>Un morceau de tissu a décidé de ma vie</strong></p>
<p>J’étais une petite fille calme, discrète et pleine d’espoir. L’école était mon seul refuge. Là-bas, j’existais enfin. Là-bas, j’avais l’impression d’être comme les autres, de pouvoir rêver, d’espérer un avenir plus beau que celui que la pauvreté dessinait pour moi. Moi aussi, je voulais devenir quelqu’un : une docteure. Oui, moi, cette petite fille qui n’avait presque rien, je voulais sauver des vies et redonner la chance aux enfants de vivre ce que le monde m’avait privé.</p>
<p>Mais tout s&rsquo;est écroulé à 14 ans. Comme ça, d&rsquo;un coup. C’était la rentrée scolaire et je devais entrer en huitième année. J’espérais apprendre, encore et encore. Mais ce rêve s’est brisé comme du verre jeté au sol. Pourquoi ? À cause de l’uniforme. Un simple uniforme.</p>
<p>Je n’avais pas pu me procurer d’uniforme. Et comme c&rsquo;était une condition requise, on m’a chassé. Pas d’uniforme, pas d’école. Voilà. C’est tout. Juste ça. Un simple morceau de tissu qui décidait de mon avenir. Personne ne m&rsquo;a tendu la main. On m&rsquo;a juste dit : <em>« Guma ngaho, n&rsquo;abatize barabaho. »</em> Comme si ma douleur n&rsquo;avait pas d&rsquo;importance. Comme si mes rêves n&rsquo;avaient pas de poids. Comme si, parce que je suis pauvre, je ne méritais pas mieux. J’ai pleuré. Oh oui, j’ai pleuré.</p>
<p>Toute la journée, je suis restée assise devant la maison, pendant que les autres allaient en classe. J&rsquo;avais envie de demander pourquoi la vie était si injuste. Pourquoi les autres pouvaient aller à l&rsquo;école et pas moi ? Pourquoi mes rêves s&rsquo;arrêtaient ils à cause d&rsquo;un uniforme ? J’entendais leurs rires au loin et leurs pas pressés vers la cour de l’école. Moi, j’étais là, seule, avec mes larmes. La chanson Kazoza Keza d’Ismaël Gaposho passait à la radio. Il disait <em>: « Kazoza keza ntikari mwi barabra, kazoza keza ntikari mu kuyerera, kazoza keza kari mw’iyo kaye nyene… »</em> c’était claire pour moi, il n’y avait pas de kazoza keza !  Mon avenir s’était effondré, juste à cause d’un uniforme. Ce jour-là, j&rsquo;ai compris : quand on est pauvre, on n&rsquo;a pas le droit de rêver.</p>
<p>Et apparemment, mon parcours semblait destiné à tourner au désastre, ce n’était que le début… (à suivre)</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Ma mère n’est pas Igisubiramuhira, elle est Rugumyamuheto</title>
		<link>https://e-menye.com/2025/02/24/ma-mere-nest-pas-igisubiramuhira-elle-est-rugumyamuheto/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billy Muhoza]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Feb 2025 12:48:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans de nombreuses sociétés africaines, notamment au Burundi, une femme divorcée est souvent réduite à un symbole d’échec. On lui attribue des surnoms méprisants, comme si sa valeur dépendait uniquement de son mariage. Pourtant, chaque divorce a ses raisons. À 18 ans, j’ai vu mon monde s’effondrer avec le divorce de mes parents. Je ne [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans de nombreuses sociétés africaines, notamment au Burundi, une femme divorcée est souvent réduite à un symbole d’échec. On lui attribue des surnoms méprisants, comme si sa valeur dépendait uniquement de son mariage. Pourtant, chaque divorce a ses raisons.</strong><span id="more-451"></span></p>
<p>À 18 ans, j’ai vu mon monde s’effondrer avec le divorce de mes parents. Je ne peux décrire cette période qu&rsquo;en termes de saison de larmes, de désespoir et de jugements en cascade. Dans mon quartier, chacun y allait de son commentaire, comme s’il avait été témoin de chacune de leurs disputes et de leurs cris étouffés par les murs de notre maison.</p>
<p>Ma mère, on l’appelle « Igisubiramuhira », comme si retourner chez ses parents après un mariage brisé était un crime. Certains murmurent qu’elle s’est rebellée, qu’elle aurait dû supporter, comme tant d’autres femmes dans le voisinage. Parce qu’ici, être insultée, battue, humiliée, ce n’est pas grave. « Inkoni ntizica », disent-ils. Les mots réducteurs, les privations, les coups et les blessures invisibles… tout cela serait normal. « <em>Ni ko zubakwa »</em>, affirment-ils, bien installés dans leurs mondes où la souffrance des autres ne compte pas.</p>
<p>Moi, je ne la juge pas. Je la comprends. J&rsquo;ai vu les bleus sur sa peau. J’ai senti ceux, plus profonds encore, qu&rsquo;elle cachait au fond de son cœur. J’ai entendu ces mots blessants comme des lames, ces menaces qui volaient le sommeil de ses nuits… Comment pourrais-je lui en vouloir d&rsquo;être partie ? Ce n’était pas un simple caprice, c’était une question de survie. On ne s’assoit pas dans une maison en feu en espérant que les flammes se transforment en feux d’artifice. On sort. On court. On sauve sa vie. Et ma mère n’a pas juste fui son mariage, elle s’est libérée.</p>
<p>Je ne suis pas là pour prêcher le divorce. Mais avant de juger celles qui partent et de leur coller des surnoms cruels, prenez une seconde pour imaginer ce qu’elles ont enduré. Aucune femme ne quitte un foyer par plaisir. Personne ne fuit une maison en feu juste parce qu’elle aime courir.</p>
<p><strong>Oublions les étiquettes et passons à autre chose</strong></p>
<p>Arrêtons un peu avec cette manie de coller des étiquettes aux femmes divorcées, comme si elles étaient des produits en solde. Une femme quitte son mariage et soudain, elle devient Ikigaba, une rebelle, une incapable qui n’a pas su tenir son foyer, comme si le mariage était une corde qu’elle aurait dû serrer jusqu’à l’étranglement. Sérieusement, ce n’est pas un bout de papier qui fait le bonheur, c’est le respect et la paix intérieure. Et si quelqu’un choisit de partir pour préserver tout cela, où est le mal ?</p>
<p>Et si l&rsquo;on arrêtait de diaboliser ces femmes qui ont choisi le divorce comme mécanisme de survie et comme moyen de préserver ce qu&rsquo;il leur reste, comme si elles avaient commis un crime impardonnable ? Pourquoi leur coller des surnoms dégradants alors qu’elles n&rsquo;ont fait qu’exprimer leur envie de vivre encore, malgré la fin de leur mariage ?</p>
<p>Et si j’étais l’un de ceux qui « baptisent » ces braves femmes, je choisirais pour elles des surnoms humains à la hauteur de leur courage et de leur résilience. Des surnoms comme « Ba Rugumyamuheto », bref celles qui restent debout ! Au final, le fait d&rsquo;être divorcée ne signifie pas la fin de l’histoire, c’est juste une nouvelle page qui s’écrit.</p>
<p>Avant de clore, please, ne regardons plus de travers ces braves femmes comme si elles allaient nous transmettre un virus !</p>
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		<title>Bedetse, l’héroïne dans l’ombre des traditions</title>
		<link>https://e-menye.com/2025/01/27/bedetse-lheroine-dans-lombre-des-traditions/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billy Muhoza]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jan 2025 14:58:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-teka]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans les recoins isolés et oubliés de nos sociétés, vivent des femmes hors du commun, des modèles de courage et de résilience. Souvent invisibles, ces héroïnes du quotidien mènent des combats silencieux pour améliorer la vie de leurs familles et de leurs communautés. Dans une province du nord du Burundi, plus précisément sur la colline [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b><i>Dans les recoins isolés et oubliés de nos sociétés, vivent des femmes hors du commun, des modèles de courage et de résilience. Souvent invisibles, ces héroïnes du quotidien mènent des combats silencieux pour améliorer la vie de leurs familles et de leurs communautés.</i></b><span id="more-437"></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une province du nord du Burundi, plus précisément sur la colline Kavomo à Kirundo, où traditions et croyances continuent de peser lourdement sur les esprits, vit Bedetse, une quinquagénaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mère de trois filles, elle incarne une force tranquille et une résilience admirable face à un préjugé tenace. Dans cette communauté, avoir que des filles est considéré comme une malédiction. Oui, vous avez bien lu, au 21 e siècle, précisément en 2025, il y a encore des gens qui pensent ainsi. Chaque jour, elle endure les commérages et les remarques désobligeantes, certains n&rsquo;hésitant pas à lui lancer cette phrase blessante : </span><em>« Ntaco wavyaye »</em><b>.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Influencé par cette mentalité, son mari l’abandonne. Il part fonder une autre famille, espérant que son épouse lui donnera enfin un fils. Mais Bedetse refuse de se laisser vaincre par le désespoir. Avec courage, elle se bat chaque jour pour offrir une vie digne à ses enfants, prouvant ainsi que sa valeur ne dépend pas des attentes de la société.</span></p>
<p><b>La femme qui fait naître l’espoir</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré le poids du rejet et des jugements qui l’entourent, Bedetse ne baisse jamais les bras. Elle se bat chaque jour pour offrir une éducation pleine de valeurs à ses trois filles, et affronte les moqueries sans jamais laisser son amour pour elles s’éteindre. Aujourd’hui, voir ses filles grandir et terminer leurs études est pour elle une immense fierté. Avec une émotion palpable, elle confie  : « Ntakindi narimfise cokubaha atari urukundo n’umwete wo kubarera. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais Bedetse ne se limite pas à ses succès personnels. Elle sait que la force qu’elle a cultivée au fil des années peut servir d&rsquo;exemple pour d’autres femmes. Elle commence alors à rassembler les femmes de son village. Les groupes WhatsApp de discussion entre femmes est un luxe pour elles, elles opèrent à l’ancienne, elles se rencontrent, partagent leurs peines, leurs espoirs et leurs rêves. Ces rencontres deviennent un lieu de réconfort, où ces femmes, souvent seules face aux épreuves de la vie, trouvent une écoute attentive et un soutien sincère. Elles partagent comment élever leurs filles et fils dans un monde souvent indifférent à leurs luttes. Elles évoquent les blessures causées par des années de sacrifices invisibles. Ensemble, elles forment une communauté solidaire où les défis sont partagés et les solutions trouvées avec simplicité.</span></p>
<p><b>L’union fait la force</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Inspirée par son expérience personnelle, Bedetse propose une idée simple mais efficace aux femmes de sa communauté : l&rsquo;épargne solidaire. Chaque semaine, chacune met de côté une petite somme d’argent, somme qui peut paraître insignifiante à première vue. Pourtant, ces contributions régulières, accumulées au fil du temps, deviennent un levier financier capable de transformer leurs rêves en réalité. C’est ainsi qu’elles parviennent à lancer des initiatives modestes mais porteuses de changement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce qui émerveille Bedetse, ce sont les sourires retrouvés de ces femmes. À travers leurs succès, aussi modestes soient-ils, elle voit la preuve que l’espoir renaît. Ces victoires discrètes, souvent ignorées du reste du monde, remplissent son cœur d’une immense fierté. Elle répète souvent avec conviction : « Une femme qui se tient debout peut en relever dix autres. » Par ses actions, son amour et son dévouement, Bedetse incarne une véritable héroïne de l’ombre. Elle n’a pas besoin de projecteurs pour illuminer la vie de celles qu’elle aide. Ses gestes empreints d’humanité suffisent à éclairer leur chemin vers l’autonomie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une société comme le Burundi, qui valorise l’homme et ses capacités masculines, chaque femme doit prendre conscience du pouvoir qui est le sien. Elle détient la clé pour transformer ses combats en triomphes, tant pour elle-même que pour les générations futures.</span></p>
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		<title>Deux filles, un miroir, une nouvelle version de moi</title>
		<link>https://e-menye.com/2025/01/14/deux-filles-un-miroir-une-nouvelle-version-de-moi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billy Muhoza]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2025 09:07:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-teka]]></category>
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					<description><![CDATA[Ceci est l’histoire de deux jeunes filles qui m’ont appris à comprendre que les idées préconçues sur les capacités des femmes ne sont qu’un leurre, à travers leur mode de vie et leur détermination, elles m’ont enseigné que les filles, elles aussi, peuvent rêver grand, accomplir des exploits et briser les barrières. Elles sont, sans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Ceci est l’histoire de deux jeunes filles qui m’ont appris à comprendre que les idées préconçues sur les capacités des femmes ne sont qu’un leurre, à travers leur mode de vie et leur détermination, elles m’ont enseigné que les filles, elles aussi, peuvent rêver grand, accomplir des exploits et briser les barrières. Elles sont, sans aucun doute, ma plus belle école de vie.</em></strong><span id="more-431"></span></p>
<p>Dimanche 5 janvier 2025, 11 h 54. Je suis assise au bord du lac Tanganyika. Il fait très calme. Mais au fond de moi, c&rsquo;est une tout autre réalité. J&rsquo;ai choisi cet endroit calme pour refaire le bilan de ma vie, des leçons apprises cette année qui vient de s’achever. Mes pensées vagabondent, m&rsquo;entraînant bien loin, à l&rsquo;époque où j’étais vendeuse ambulante de chemises pour hommes. Comme un choc brutal, je me rappelle de ces phrases qu’on me répétait sans relâche : « <em>We dogo aho urondera amahera ushaka kuzoganza umugabo wewe, genda wisige use neza, ibisigaye urindire umugabo canke urindire aho bazogutereka mu biro.</em> »</p>
<p>Hein ? Je cherchais simplement à travailler, à gagner ma vie dignement et voilà ce qu&rsquo;on me sortait. On me faisait comprendre que mon destin était déjà tracé. Que je devais me contenter de m’asseoir sagement, bien maquillée, en attendant qu’un mari vienne me « sauver » ou qu’on me place à un poste, non pas pour mes compétences, mais parce que j’étais une fille. Sérieusement ?</p>
<p>À l’époque, je me disais qu’ils avaient peut-être raison.  « Peut-être devrais-je juste me calmer et suivre le trend ».  Mais une petite voix au fond de moi s’élevait : « Non ! Il y a quelque chose qui cloche ici ! ».  Pourquoi cette idée absurde qu’une fille ne peut pas se battre pour sa propre vie ?</p>
<p><strong>Des rencontres inattendues </strong></p>
<p>Je décroche un nouveau boulot. Franchement, je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Je me dis dans ma tête : «<em> Je vais travailler dur, faire des petits sourires à tout le monde, dire bonjour et merci, &#8230;voilà, rien de compliqué.</em> » Mais surprise ! Les choses ne se déroulent pas comme prévu, j’ai dû apprendre à défendre mes ambitions.</p>
<p>J’ai eu la chance de côtoyer deux collègues de mon âge. Ces filles-là ne sont pas timides comme moi et leur manière de penser est parfaitement différente de celle de mes précédents contacts.</p>
<p>La première, de petite taille et avec des dreadlocks, dégage une tranquillité impressionnante. Son visage calme et sa discrétion totale laissent planer un mystère sur ses pensées. À première vue, on pourrait la croire timide et réservée. Mais dès qu&rsquo;elle ouvre la bouche, ses idées et sa façon d’expliquer les choses vous frappent comme un éclair. Ah ouais, elle est vraiment intelligente. Ce n&rsquo;est pas une intelligence que l&rsquo;on devine en la regardant, mais celle qui surprend dès qu&rsquo;elle commence à parler.</p>
<p>Et puis, il y a la deuxième, de grande taille, qui dégage une prestance naturelle. Elle s&rsquo;exprime avec assurance et tranquillité. Pas besoin de hausser le ton ; elle explique calmement, avec clarté, et captive son audience sans efforts. Ces deux filles, chacune à sa manière, incarnent une forme d’intelligence profonde et captivante. Tu ne peux pas deviner leur potentiel juste en les regardant. Mais dès qu’elles prennent la parole c’est fini. Tu te tais, tu écoutes, et tu prends des notes.</p>
<p><strong>Le modèle qui m’a fait grandir</strong></p>
<p>Ce qui est drôle, c’est qu’elles ne se rendaient même pas compte qu’elles étaient en train de m’enseigner quelque chose. Elles faisaient simplement leur travail, tandis que moi, je les observais comme une élève assidue. En les voyant défendre leurs idées et gérer des situations avec confiance et sérénité, je me suis dit : « Moi aussi, je peux le faire ».  J&rsquo;avais l&rsquo;impression de regarder dans un miroir spécial et je ne voyais plus la fille pleine de doutes que j&rsquo;étais. À travers elles, je voyais la version de moi-même que je pouvais devenir. Une version qui ose prendre des décisions et ne se laisse pas limiter par les clichés liés au genre. Eh bien non, je n’attendais plus personne, j’étais prête à prendre ma place.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, alors que je me trouve ici, face à ce lac tranquille, je repense encore aux personnes qui me disaient de m&rsquo;asseoir et d&rsquo;attendre un mari qui s&rsquo;occuperait de tout. Si je pouvais retourner dans le passé, je leur répondrais avec assurance : « Non, je vais me battre pour mes ambitions. »</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mpore, si wewe n’aho tubaye !</title>
		<link>https://e-menye.com/2024/12/26/mpore-si-wewe-naho-tubaye/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Billy Muhoza]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Dec 2024 11:17:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-bibazo]]></category>
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					<description><![CDATA[C&#8217;est déplorable de constater qu’à la veille de 2025, il y a toujours des Burundais qui considèrent comme un scandale le fait qu&#8217;une fille tâche ses vêtements pendant ses règles. Récemment, une jeune fille a vécu une situation ‘inhumaine’ en pleine ville. Je vous raconte. C’est un après-midi ordinaire, je me promène en pleine centre-ville. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>C&rsquo;est déplorable de constater qu’</em></strong><strong><em>à la veille de </em></strong><strong><em>202</em></strong><strong><em>5</em></strong><strong><em>, il y a toujours des Burundais qui considèrent comme un scandale le fait qu&rsquo;une fille tâche ses vêtements pendant ses règles. Récemment, une jeune fille a vécu une situation </em></strong><strong><em>‘inhumaine’ en pleine ville</em></strong><strong><em>.</em></strong><strong><em> Je vous raconte.</em></strong><span id="more-426"></span></p>
<p>C’est un après-midi ordinaire, je me promène en pleine centre-ville. L’agitation habituelle règne dans les rues: des marchands ambulants crient pour attirer les clients, les véhicules circulent comme d&rsquo;habitude et les passants sont plongés dans leurs activités. Soudain, mon attention est détournée par une scène étrange.</p>
<p>Au milieu de tous ces mouvements, une jeune fille reste immobile, visiblement gênée. Elle porte un pantalon blanc, mais une tache rouge sur son vêtement attire l’attention de plusieurs personnes, un attroupement autour d’elle.</p>
<p>Des murmures, des rires, des moqueries et voire des insultes. « Ndabira Ako kamaramaza » lance quelqu’un d’un ton moqueur, tandis qu’un autre rit aux éclats et un autre encore lance : « Fuka ivyo bishoze vyawe twabonye, ariko ntitwigeze tugusaba ko utwereka ko uri mu bichoze»</p>
<p>La fille reste figée, eprise de honte et de frayeur, comme si elle souhaitait disparaître. Le regard baissé vers le sol, elle reflète une honte, un mélange de peur et de tristesse. Elle tente maladroitement de couvrir la tâche avec son sac à main, mais en vain. Les paroles choquantes des passants la submergent de plus belle.</p>
<p>À cet instant, je sens comme une rage monte en moi face à ces personnes.  Comment un phénomène aussi naturel peut-il susciter autant d’injures ? Cette scène n’est pas seulement une humiliation injuste, elle reflète le lourd fardeau de tabous sur le corps des femmes dans notre société.</p>
<p>J’ai envie d’intervenir, briser ces regards de honte et de moquerie, lui dire « mpore, ndamugumbire », qu’elle n’a aucune raison de se sentir mal, qu’elle n’a pas à dissimuler ce qui fait pourtant partie de sa nature. J’aimerais lui témoigner mon soutien, lui dire qu’elle n’est pas seule et que ce moment, aussi difficile soit-il, ne la définit pas. Mais comment la tirer de cet attroupement sans couvrir la marque de sang qui les pousse à babiller ?</p>
<p><strong>L&rsquo;écharpe </strong><strong>cache</strong><strong> la honte</strong></p>
<p>Comme par miracle, une jeune maman élégante et confiante traverse la foule, s’approche calmement de la jeune fille, le regard empli de douceur et d&rsquo;une force silencieuse. Sans un mot, elle s’arrête un instant, observant la scène comme pour prendre la mesure de toute la douleur infligée. Puis, dans un geste empreint de grâce, elle retire l’écharpe qui repose sur ses épaules et la dépose délicatement sur les siennes.</p>
<p>Sa voix, douce mais pleine d’assurance, s’élève, brisant l’air chargé de cruauté «<em> Akira, kibondo. Ifuke hama uze uje kurondera aho ukura iyindi mpuzu. Abo nabo bariko barakuryagagura, baribagiye ko bashiki babo canke abakenyezi bishobora kubashikira. Umusi vyoshika niho bomenya ukuntu wiyumva</em> »<em>.</em></p>
<p>La fille, surprise, lève les yeux vers la belle dame qui vient de lui sauver la vie. Elle prend l&rsquo;écharpe d’une main tremblante, comme si elle n’osait pas croire à ce geste. Puis, le regard embué de larmes et une émotion intense traversant son visage, elle murmure d’une voix brisée : “ Merci, merci beaucoup, tu viens de me sauver”</p>
<p>N.B: Le cycle menstruel est un phénomène naturel. Il survient souvent sans prévenir. Aussi, pourquoi voulez-vous faire comme si les serviettes hygiéniques étaient gratuites ? Êtes-vous conscients qu&rsquo;une fille qui n’a pas d’argent sur elle peut être surprise par ses règles ? Changez de comportement : au lieu de se moquer d&rsquo;une fille qui a une marque de sang sur ses vêtements à cause de ses règles, soutenons-la et faisons preuve de bienveillance.</p>
<p>À la jeune fille et à toutes les jeunes filles qui ont vécu cette humiliation, je m&rsquo;excuse. Sachez qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas là de la fin du monde et, à chaque fois, levez-vous et marchez avec assurance.</p>
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