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	<title>Fleurissa &#8211; e-menye</title>
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	<description>Once a blogger, forever a blogger</description>
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	<title>Fleurissa &#8211; e-menye</title>
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		<title>J’ai le seum des standards, mais toi, tu les as explosés !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 09:51:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a ces âmes, ces jeunes gens que l&#8217;on croise sur notre chemin et qui bouleversent tout et qui nous forcent à nous interroger sur nous-mêmes. Emma est de ceux-là : une voix particulière, un courage rare, une liberté qui inspire. C&#8217;est fou de voir comment certaines filles grandissent avec des complexes parce qu&#8217;elles [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Il y a ces âmes, ces jeunes gens que l&rsquo;on croise sur notre chemin et qui bouleversent tout</em></strong><strong><em> et</em></strong><strong><em> qui nous forcent à nous interroger sur nous-mêmes. Emma est de ceux-là : une voix particulière, un courage rare, une liberté qui inspire.</em></strong><span id="more-485"></span></p>
<p>C&rsquo;est fou de voir comment certaines filles grandissent avec des complexes parce qu&rsquo;elles ne parlent pas comme les autres, ne ressemblent pas aux autres, et que la société, cruelle comme elle l’est, ne cesse de le leur rappeler. Heureusement, ce n&rsquo;est pas le cas d&rsquo;Emma. Dans la vingtaine, Emma est une jeune femme pleine d’assurance, une femme hors du commun dont la voix ne passe pas inaperçue ! Elle aime dire “Ego mfise urujwi rw’abagabo, mais moi, j’aime cette voix telle quelle”.</p>
<p>On lui répète sans cesse qu’elle a une voix d’homme (mais pourquoi d&rsquo;ailleurs cette appellation absurde ?), une voix qui s’impose, une voix qui résonne ! Si jeune encore, elle parlait et les gens demandaient : « Mais c’est un homme qui parle ? » Ils ne comprenaient pas comment un si petit corps de fille pouvait abriter une voix si puissante.</p>
<p>Mais pour moi, c&rsquo;est évident : si son esprit peut contenir autant d&rsquo;idées, de belles idées, pourquoi sa voix ne serait-elle pas aussi imposante ? Cette jeune fille me rappelle l&rsquo;audace que je n&rsquo;ai jamais eue, le courage de poser les vraies questions, celles que j&rsquo;hésite à formuler parce que je les crois trop lourdes d&rsquo;enjeux. Elle, elle les lance sans crainte, sans masque, pas pour impressionner, mais juste pour comprendre, pour demander des comptes. Dans cette liberté, elle m&rsquo;a offert le plus précieux des cadeaux : celui de me remettre en question.</p>
<p><strong>Ce n’est pas sorcier&#8230;</strong></p>
<p>Je n’ai aucun doute là-dessus : elle a dû mener des batailles silencieuses, essuyer des traumas, des propos maladroits de la part de son entourage, apprendre à s’accepter en embrassant le feu qu’elle portait en elle. C’est pour cela que je l’admire tant. Chaque prise de parole qu’elle ose aujourd’hui est une célébration de ses luttes, une victoire sur tout ce qu’on a tenté de briser en elle. Elle ne s’est pas laissée faire. Sa voix est trop puissante pour être étouffée, ses idées trop vives pour être éteintes.</p>
<p>Je l’admire non seulement pour sa voix, mais aussi pour le chemin qu’elle a tracé et le combat qui lui a appris à ne pas chercher à plaire. Depuis l’enfance, elle ne plaisait pas à une société qui voulait l’enfermer. Aujourd&rsquo;hui, je la vois libre : libre d&rsquo;exprimer ses mots et ses maux, libre de réaliser ses rêves ; libre de bousculer ; et elle n&rsquo;a pas peur de déranger, car elle a toujours dérangé, et c&rsquo;est dans ce dérangement qu&rsquo;elle s&rsquo;affirme.</p>
<p><strong>Ma chère, tu as mon admiration</strong></p>
<p>Si tu me lis, ma chère, sache que je t’admire pour ta résilience. J’admire le résultat, même si je n’ai aucune idée de l’ampleur du combat que tu as dû livrer pour en arriver là. J’ai le seum contre cette société qui ne cesse d’imposer des standards absurdes. Une fille doit parler comme ceci, avoir une taille comme cela, manger comme ceci, surtout ne pas parler comme cela sans jamais réfléchir aux traumatismes qu’elle laisse derrière elle, aux rêves qu’elle piétine. Mais je suis fière de toi, fière que tu ne t&rsquo;es pas laissée écraser, et tu resteras toujours un modèle pour moi. Ta voix, que certains appelaient « d&rsquo;homme » mais que je trouve merveilleuse, restera toujours le symbole de ta différence et de ta force, la preuve que tu t&rsquo;es battue sans jamais fléchir.</p>
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		<title>Happy birthday to me? Non merci!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 May 2025 16:39:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-sanzure]]></category>
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					<description><![CDATA[J’ai eu 30 ans, et alors ? Chaque année, on souffle des bougies. On rit, on est gâté par les messages, on savoure le gâteau. C’est censé être joyeux, non ? Cette année, j’ai eu 30 ans. Et, bizarrement, au lieu de me sentir célébrée, j’ai eu envie de me cacher sous une couverture. Ce [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>J’ai eu 30 ans, et alors ?</strong></p>
<p><strong>Chaque année, on souffle des bougies. On rit, on est gâté par les messages, on savoure le gâteau. C’est censé être joyeux, non ? Cette année, j’ai eu 30 ans. Et, bizarrement, au lieu de me sentir célébrée, j’ai eu envie de me cacher sous une couverture. Ce n’est pas que je suis triste. C’est juste que je n’ai pas encore trouvé comment faire la paix avec ce drôle de chiffre. Hello le déni !</strong><span id="more-473"></span></p>
<p>Et voilà. L’un des jours que je redoute le plus est arrivé. Mon trentième anniversaire. Pas à cause du gâteau ou des bougies, en tout cas. Mais c&rsquo;est tout ce qui y est associé qui me dérange. Mes amis chantent « joyeux anniversaire » comme si de rien n’était. Eux, ils sont joyeux et décontractés. Mais qu&rsquo;en est-il de moi ? J’ai cette sensation bizarre au creux du ventre. De la peur ? De la fatigue ? Je ne sais pas vraiment. Juste un poids.</p>
<p>Je me demande pourquoi une chanson censée célébrer la vie me fait l’effet d’un rappel à l’ordre. Quand j’étais petite, je comptais les jours avant mon anniversaire. Je voulais grandir. Être adulte. Je voulais porter des chaussures à talons (je sais, c’était bête) et avoir une carte bancaire. Et là, maintenant que j’y suis, je voudrais pouvoir revenir en arrière. Remonter les années comme on remonte une couverture sur soi.</p>
<p><strong>Bienvenu au troisième étage</strong><strong>!</strong></p>
<p>Trente ans, c&rsquo;est un âge bizarre ! On est trop vieille pour profiter des opportunités et pas encore assez jeune pour les « cadres expérimentés ». Tu veux postuler ? Ah non, c’est réservé aux moins de 25 ans. Tu veux donner ton avis ? Désolée, laisse les vrais adultes prendre la parole. 30 ans, c’est le chiffre suspendu. Pas étonnant que ce soit aussi le nombre de pièces pour lesquelles Judas a trahi Jésus. Symbolique, non ?</p>
<p><strong>Happy birthday to you…</strong></p>
<p>« Allez, souffle les bougies ! » me lancent mes amis! je les regarde, hésitante. Faut-il vraiment faire un vœu ? Ou est-ce juste une tradition comme une autre ? Mes amis ont insisté pour organiser cela. Moi, je n’ai jamais vraiment aimé les fêtes d’anniversaire. Si chaque matin je célèbre le cadeau de la vie, qu&rsquo;est-ce qui est différent aujourd&rsquo;hui ?</p>
<p>Mon téléphone vibre sans arrêt. Des messages de gens que je n’ai pas vus depuis le secondaire ! « J’adore ton énergie, ne change pas ! » Mais si ça se trouve, j’ai déjà changé. Ou alors, j’ai juste vieilli. Et voilà, je me perds dans mes pensées.</p>
<p><strong>Happy birthday to youu…</strong></p>
<p>Parlons un peu de vœux (même si je n’y crois pas trop). Mon vœu le plus sincère est qu&rsquo;on arrête de me faire sentir que 30 ans, c’est la fin de quelque chose. « Qui voudra encore de toi, à 30 ans, célibataire ?» m’a dit ma mère. « Et les études ? Un master ? Tes amis en sont là, et toi ? » « Tu sais que plus tu attends pour avoir des enfants, plus ce sera compliqué ? Et si tu en as, tu risques de ne pas les voir grandir… » . Et puis hier, une amie m’a envoyé une vidéo du prince Charles Ndizeye. Il avait 19 ans quand il gouvernait. Elle avait écrit : « À 19 ans, lui dirigeait un royaume… et toi, uraho urasamye. »</p>
<p>Maintenant que j’y pense, ça me fait sourire parce qu’au fond, ce genre de phrase, je me la dis souvent, sans oser.</p>
<p>Je prends une profonde inspiration. La chanson s’interrompt encore une fois. Cette fois, je me regarde. J’ai 30 ans. Et je laisse toujours les voix des autres guider mes choix. J’ai 30 ans et j&rsquo;ai encore du mal à dire « non ». J’ai 30 ans et j’ai toujours ce sentiment d’être à la traîne. Sans diplôme de master, sans emploi stable, sans amoureux, sans appartement…. J&rsquo;ai 30 ans , et le sentiment d&rsquo;être au bord du vide.</p>
<p><strong>To youuuuu…</strong></p>
<p>Et puis, je lève les yeux. J’ai trouvé mon vœu. Je veux apprendre à croire un peu plus en moi, en mes 30 ans, en mon chemin, à mon propre rythme. Comprendre que ce chiffre que je fuyais peut-être marquer le début de quelque chose.</p>
<p>Alors, je souffle. Pas parce que j’y crois. Mais parce qu’au fond, peut-être que oui. Peut-être que 30 ans n&rsquo;est pas la fin.</p>
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		<title>La beauté, mon combat. Voilà ce que j’aurais aimé savoir à mes 15 ans…</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 11:52:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[À mes 15 ans, je ne devais ni me haïr, ni haïr mon corps. La beauté n&#8217;est qu&#8217;un accessoire. Mais j&#8217;ai mis du temps à comprendre cela. Surement que je ne suis pas encore à l&#8217;âge de kwidodomba, mais mon histoire pourrait peut-être sauver une adolescente. Take a seat and read.  Depuis mon enfance, ma [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>À mes 15 ans, je ne devais ni me haïr, ni haïr mon corps. La beauté n&rsquo;est qu&rsquo;un accessoire. Mais j&rsquo;ai mis du temps à comprendre cela. Surement que je ne suis pas encore à l&rsquo;âge de kwidodomba, mais mon histoire pourrait peut-être sauver une adolescente. Take a seat and read.  </em></strong><span id="more-469"></span></p>
<p>Depuis mon enfance, ma mère a fait de ma beauté son combat. Je la comprends : selon elle, la beauté l’a sauvée à un certain moment. Orpheline et chassée de chez elle, elle avait plus que besoin de trouver stabilité, famille et attention.</p>
<p>Et selon elle, la beauté comptait énormément. Mon père, plutôt intelligent et exigeant en termes de goût, ne faisait pas exception. C’est pourquoi ma mère me répétait sans cesse que la beauté l’avait sauvée. Elle me disait souvent : « Parmi mes concurrentes, j’étais quand même la plus belle. » (Ça tire à balles réelles dans ma famille !)</p>
<p>Bref, assez parlé d&rsquo;elle. Ma mère n&rsquo;a eu qu&rsquo;une fille : moi. Elle faisait tout pour investir dans ma beauté. C’était un choc total quand, à l’âge de 8 ans, quand elle entendait: « Elle ressemble plus à un garçon. » Oui, j’étais un garçon manqué, et ça dégoûtait ma mère Elle qui rêvait d&rsquo;entendre des compliments du genre « Oh, qu&rsquo;elle est mignonne, ta fille ! »</p>
<p>Une routine s&rsquo;est alors installée : avant d&rsquo;aller se coucher, il fallait faire ceci et cela pour que la peau reste toujours lisse. À 12 ans, elle commençait à anticiper l’adolescence : « Tu ne peux pas te permettre d’avoir une poitrine énorme, faut faire attention. Et  puis des ondes de contradiction qui prêtaient confusion à la jeune fille que j’étais : « Tu as de belles formes et si tu ne t’habilles pas correctement, tu vas donner une mauvaise impression. » À 16 ans, c’était plus : « Mange ça, ça t’aiderait à maintenir ta taille, <em>et en dormant, ne te mets pas dans telle position,si non tu risques d’avoir une grosse ventre”</em>.</p>
<p><strong>Et soudain, oups&#8230;</strong></p>
<p>J’ai alors grandi en me disant qu’une fille devait être belle, mais pas trop, histoire de ne pas séduire les hommes au mauvais moment. En 2017, j&rsquo;ai eu une allergie sévère, des boutons partout. Ma mère était inquiète. Il n’y a pas de remède que je n’aie pas essayé : du citron avant d’aller dormir, des lotions, des crèmes, du beurre, des herbes que je ne connais même pas. Ma mère avait fait de ma beauté son combat.</p>
<p>Et à force de l’entendre, j’avais fini par complexer. Je ne voulais plus sortir de chez moi. Quand je parlais devant les gens, j’avais l’impression qu’ils regardaient mes taches de mélasma. Et pire, un garçon avec qui je sortais me faisait des remarques du genre : « Tu avais la peau lisse avant, qu’est-ce qui s’est passé ? Tu étais tellement belle. » Il ne se rendait pas compte à quel point ses paroles me complexaient. Quand on a rompu et qu’il commencé à poster des photos de ses amies « belles », je me suis dit : « Ça y est, ma mère avait raison, personne ne voudra de moi comme ça. » (Hello, les overthinkers).</p>
<p>J’ai traversé une mauvaise passe, je ne parvenais pas à parler devant les gens, je détestais mon corps, j’étais convaincue que l’intelligence ne valait rien si l&rsquo;on n’était pas belle. Qu’est ce que j’étais conne !</p>
<p>Puis, j’ai compris que la beauté se trouve dans les yeux de celui qui regarde. Pour ma part, je trouve toutes les femmes intelligentes et belles. Mais celles que j’admire le plus sont celles qui osent, se lèvent et prennent la parole lors de conférences ou d&rsquo;assemblées pour plaider en faveur d&rsquo;une cause. La peau lisse, un visage rond, tout cela n&rsquo;était pas la beauté que je rêvais d&rsquo;atteindre ! Tout le monde rêve peut-être d&rsquo;être belle, mais de quelle beauté parle-t-on ?</p>
<p>La beauté peut être un atout (surtout aujourd’hui) mais il n’y a pas que la beauté comme atout, y a aussi d&rsquo;autres qualités. Aujourd’hui, j’ai encore des taches noires, mais je sais que mon avenir ne dépendra pas de ma peau. Non, j’ai aussi d’autres atouts, et j’aurais bien aimé le savoir plus tôt. Ça m’aurait évité de perdre du temps, de me haïr, de perdre mon estime de soi et même de l’argent qu’on aurait pu investir dans mon dossier Canada, par exemple. Peut-être que je ne serais pas ici en train de kwiyereka, lol…</p>
<p>À la prochaine.</p>
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		<title>Qu’aurait été ma vie ?</title>
		<link>https://e-menye.com/2024/12/12/quaurait-ete-ma-vie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2024 11:18:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-rera]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Si on m’avait dit qu’un avocat, un fruit pouvait changer le cours d’une vie, la moi de 13 ans aurait ri à gorge déployée. Et pourtant, aujourd’hui, avec le renvoi des sept élèves du lycée Busiga, je réalise à quel point une simple décision peut tout bouleverser. Vous vous souvenez de l’histoire d’Adam et Ève, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si on m’avait dit qu’un avocat, un fruit pouvait changer le cours d’une vie, la moi de 13 ans aurait ri à gorge déployée. Et pourtant, aujourd’hui, avec le renvoi des sept élèves du lycée Busiga, je réalise à quel point une simple décision peut tout bouleverser.</p>
<p>Vous vous souvenez de l’histoire d’Adam et Ève, chassés du jardin d’Éden pour avoir goûté au fruit défendu. On dirait que les religieuses du lycée Busiga semblent s’en être inspirées au pied de la lettre ! Mais n’y a-t-il pas aussi de nombreux passages dans la Bible qui prônent le pardon ?</p>
<p>Si j’écris tous ces mots fades, c’est pour ces enfants, pour leurs rêves. Ces enfants méritent une seconde chance. On ne va pas se mentir, à l’internat, l’avocat était plus qu’un simple fruit. C’était l’ingrédient magique qui rendait les repas un peu plus supportables. Allons-nous sacrifier leurs rêves pour ce délice ?</p>
<p><strong><em>« Ca kiyeri nyene mw’icupa rishasha »</em></strong></p>
<p>Le sort de ces élèves me rappelle ma propre histoire. Je suis en 8ème année, en pleine adolescence. Pleine de curiosité et de défiance envers les règles. Un mercredi soir, nous sommes un groupe de filles, une bande d’amies. Nous décidons de sécher la messe de 18 h pour marauder des avocats. Après avoir rempli nos seaux, une encadreuse nous surprend en plein jardin.  L’option est simple : Run ! Dans ma course effrénée, je trébuche et me blesse aux genoux. Pas de choix, je m’arrête et voici l’encadreuse qui se tient devant moi, toute furieuse.</p>
<p>Surnommée “Assassin”, cette encadreuse n’était pas notre préférée. Aigrie et sévère, elle semblait toujours chercher à nous punir, moi, en particulier. Il faut dire que je n’étais pas une adolescente exemplaire. Ce soir-là, je pensais que ma sentence était déjà écrite. J’étais terrifiée à l’idée de ce que mes parents allaient dire. Mes rêves, aussi petits soient-ils, allaient s’écrouler, j’en étais consciente.</p>
<p>Contre toute attente, elle m’a demandé d’aller soigner ma plaie, puis de revenir lui parler. Son calme m’a surprise. Elle aurait pu me renvoyer, mais elle a choisi une autre voie. Elle m’a sermonnée longuement. Elle m’a rappelé mes bonnes notes, mon potentiel, et m’a avertie des conséquences de mes actes. Elle a choisi de m’épargner, en guise de punition, j’ai dû effectuer des travaux pratiques, désherber les cours et tondre le gazon chaque samedi pendant tout le trimestre. Ce n’était pas agréable, j’en conviens mais c’était une punition pensée avec amour et sagesse digne d’une éducatrice.</p>
<p><strong>Bababarire ntibazi ico bakora.</strong></p>
<p>En pensant à ces sept filles du lycée Busiga, la scène ne cesse de me revenir en tête. Nous faisons tous des erreurs, mais une main tendue peut faire toute la différence. Alors, à vous qui avez le pouvoir de décider de leur avenir, je vous implore, de grâce offrez-leur une seconde chance. Tout comme cette encadreuse l’a fait pour moi un jour, donnez-leur l’opportunité de grandir, de changer, et de devenir la meilleure version d’eux-mêmes.</p>
<p>Parce qu’au fond, qu’aurait été ma vie ?</p>
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		<title>Chère Emilienne, tu es et tu seras mon héroïne</title>
		<link>https://e-menye.com/2024/11/25/chere-emilienne-tu-es-et-tu-seras-mon-heroine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Nov 2024 15:59:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Très chère Nous avons longtemps lu des histoires d’héroïnes dans les livres, mais je me demande, lira-t-on la tienne un jour ? Nous souviendrons-nous de ta bravoure un jour ? Dira-t-on à nos filles et fils que tu es l’une des grandes femmes ayant marquée l’histoire de notre patrie ? Je l’espère. En attendant, j’ai un [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Très chère</p>
<p>Nous avons longtemps lu des histoires d’héroïnes dans les livres, mais je me demande, lira-t-on la tienne un jour ? Nous souviendrons-nous de ta bravoure un jour ? Dira-t-on à nos filles et fils que tu es l’une des grandes femmes ayant marquée l’histoire de notre patrie ? Je l’espère. En attendant, j’ai un mot pour toi.</p>
<p><strong>Uri intwarikazi !</strong></p>
<p>Combien ont vu, mais se sont tus ! Des milliers. Mais toi, tu as refusé de te taire, tu as refusé de cautionner, et cela, au péril de ta liberté. Pour commencer, tu as défié notre culture qui dit aux filles et aux femmes de se taire. <em>Femme, dans une foule en public, tu ne te lèveras point pour prendre la parole,</em> t’auraient dit tes ancêtres. Mais toi, tu l’as fait. Et tu n’as pas juste pris la parole, tu as dénoncé un fait, un fléau qui tue en silence. Chapeau bas !</p>
<p>Toi, une « simple secrétaire » (comme diraient certains), tu t’es levée devant un ministre et ses collègues pour dénoncer ton directeur ! Les GenZ diraient <em>Kubadida !</em> Ta prise de parole a malheureusement marqué le début d’un calvaire. Toi qui avais dénoncé, toi qui voulais protéger tes filles, tu t’es retrouvée derrière les barreaux.</p>
<p>J’honore la grande dame que tu es. Tu as préféré ne pas te taire face aux abus dont les enfants sous ta garde souffraient. Tu l’as payé cher, ta liberté. Mais au moins, tu nous as montré qu’il y a des fées marraines qui veillent sur nous dans ce monde cruel, où le viol semble être normalisé, où les bourreaux ne sont jamais pointés du doigt, où les victimes sont tenues pour responsables. Le monde est tellement cruel, mais grâce à toi, on a appris qu’il existe certaines belles personnes : des héroïnes, des vraies.</p>
<p><strong>Warahabishijwe, ntiwahahamuka. Warapfunywe, ntiwapfuye !</strong></p>
<p>Pour quelqu’un qui a suivi ton histoire depuis le début du procès, <em>warahabishijwe uranapfunywa</em> ! Les reports incessants, les injustices, on ne t’a pas cru, zéro enquête sur ce que t’avais dénoncé… Et même après avoir été acquittée, tu es restée en prison. Loin de ta famille, plus de 365 jours loin de tes enfants, de celles que tu voulais protéger. Tu as tout vu, tout ce qu’on peut voir de pire.</p>
<p>On t’a offert un compromis ou, moi, je dirais un pacte avec le diable : « <em>Plaide coupable, demande pardon, et on te libère ».</em> Mais tu as refusé ! Tu as refusé de mentir, tu as refusé d’être complice. Tu as préféré la prison à la rétraction.</p>
<p><strong>Habwa impundu n’abawe !  </strong></p>
<p><strong> </strong>Peut-être qu’on ne se rencontrera jamais, mais j’ose espérer que tu verras ces mots que je t’adresse. Sache que tu as laissé une trace. Tu nous as légué un combat. Tu as fait ta part. Tu es une icône ! Tu nous as rappelé que nous devrions tous nous battre pour nos convictions, peu importe ce que cela nous coûte. Nous ne devrions pas avoir peur de gêner, d’oser. Tu l’as fait, pourquoi pas nous ?</p>
<p>C’est fou à quel point ce texte me plonge dans les paroles de ma chanson préférée du moment ‘‘<em>mon héroïne</em>’’ de Joyce Jonathan et Lola Dubini <em>“Tu seras mon héroïne, battante jusqu’à la fin du film. Une femme qui affronte, qui n’aura plus jamais honte, une force qui surmonte. » </em></p>
<p>Tu incarnes cette chanson à merveille. Habwa impundu n’abawe, très chère Emilienne.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Même ivre, aucun être ne mérite ça.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Nov 2024 15:12:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Être ivre quand on est une femme est perçu comme un crime, une abomination ! Mais est-ce une raison pour abuser d’elle ? J’ai toujours aimé voyager. Bien que ce soit difficile ces derniers jours, je me suis quand même permise une petite virée au nord du pays, plus précisément à Kirundo, pour découvrir des [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Être ivre quand on est une femme est perçu comme un crime, une abomination ! Mais est-ce une raison pour abuser d’elle ?</strong><span id="more-409"></span></p>
<p>J’ai toujours aimé voyager. Bien que ce soit difficile ces derniers jours, je me suis quand même permise une petite virée au nord du pays, plus précisément à Kirundo, pour découvrir des coins, des cultures, des paysages. Cette province me charme par ses beaux lacs, le succulent poulet de chez Jackson Ku kiraya, et pour couronner le tout, un bon lit pour dormir.</p>
<p>Ce jour-là, j&rsquo;atterris dans un joli hôtel plutôt calme, j’en conviens. Pourtant, le calme ne dura pas. À 22h, des bruits attirent mon attention. Mon premier réflexe est de regarder par la fenêtre, et ce que je vois me glaça le sang. Une femme du même âge que ma mère est couchée par terre, et un homme est en train de la frapper. Une autre femme est assise par terre et trois hommes sont là à assister au spectacle.</p>
<p>Curieuse, j’enfile un pull et descends directement dans la ruelle. À peine arrivée, je demande aux trois hommes qui assistaient comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d’un match de boxe. Le premier me dit en souriant : « Umugore aboregwa nk’uko nibashake bamuhashe » (une femme ivre comme ça mérite qu’on la punisse). Une nuée de rage m’envahit. Déjà, l’homme qui est en train de la battre est lui aussi ivre, il n’arrive pas à tenir debout. Du coup, je leur demande pourquoi il est en train de la battre alors qu’il est lui-même ivre.</p>
<p>J’eus comme réponse : « <em>L’homme ivre, c’est le beau-frère de la femme ivre. Ils viennent de vendre leur bout de terre, l’homme est venu leur offrir des bières et voilà, la femme ivre ne veut pas rentrer</em>»</p>
<p><strong>Ngo hama abagore barahohoterwa.</strong></p>
<p>Un homme qui m’a vu sortir de l’hôtel comme une flèche m’a suivie et vient demander le récit. À peine entend-il que la femme est ivre, il dit :  » <em>Yaborewe ? ahubwo ni bazane inkoni imeze neza</em>« . (Elle est ivre ? Si c’est le cas, amène un vrai bâton).</p>
<p>Moi, petite, impuissante, j’essaie de défendre cette femme qui pourrait être ma mère, une mère, seule contre quatre hommes robustes. Je dis alors d’une voix naïve : » Ne la battez pas, même l’homme est ivre et personne ne le blâme ou ne le bat ! Aidons-les plutôt à rentrer ».</p>
<p>J’appelle un motard qui passe encore à 22h, mais malheureusement, la femme, trop ivre ne pouvait pas tenir sur la moto. Il fallait une voiture, mais comment trouver un taxi dans ce coin perdu !</p>
<p>L’homme de l’hôtel, celui qui m’a suivie, dit alors la phrase qui me fait écrire tout ça : « <em>Et dire que les femmes subissent des violences ! Elles ne subissent pas les violences, c’est elles-mêmes qui en sont les fautives ! Cette femme qui ne parvient même pas à tenir sur une moto dira-t-elle qu’elle a été abusée si elle se fait violer ? Regarde dans quel état elle est !</em>»</p>
<p>La colère monte en moi, j’ai envie de pleurer, mais je ne peux pas faiblir, je ne peux pas lui donner la satisfaction d’arborer ce sourire machiavélique. Je lui lance : « <em>Juste parce qu’elle est ivre, tu penses que les gens ont le droit de la violer ? Ce que tu fais déjà, c’est de la violence.</em> »</p>
<p>Un jeune homme «<em> city</em> » qui nous a observés vint demander où elle habite et la porte dans ses bras. Ce dernier me lance un « <em>on vient de me dire où elle habite, je vais la porter jusqu’à chez elle ! Ne t’inquiète pas, va te reposer, je vais m’assurer qu’elle arrive saine et sauve.</em> »</p>
<p>En montant les marches vers ma chambre, je priai tout en espérant que cet homme tienne parole, que la dame arrive saine et sauve.</p>
<p>Sinon, à l’autre homme (je ne sais même plus où il est passé) ou à ceux qui pensent comme lui, même ivre, elle reste humaine. Ce n’est pas que je cautionne l’ivresse, et d’ailleurs que ce soit pour un homme ou une femme, il faut boire de manière responsable ! Mais au-delà, personne n’a le droit d’abuser d’une autre à cause de son état ! Non !</p>
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		<title>Cette infirmière qui fait honneur à son métier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2024 09:02:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Si « umuryambwa aba umwe agatukisha umuryango », qu’en est-il du cas contraire ? cette question je me la pose à presque 3 heures du matin à l’hôpital. J’avais souvent entendu des gens se plaignant des services dans les hôpitaux publics, pourtant mon expérience a été autre grâce à cette infirmière. Je ne connais pas son vrai nom, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si « umuryambwa aba umwe agatukisha umuryango », qu’en est-il du cas contraire ? cette question je me la pose à presque 3 heures du matin à l’hôpital. J’avais souvent entendu des gens se plaignant des services dans les hôpitaux publics, pourtant mon expérience a été autre grâce à cette infirmière.</p>
<p>Je ne connais pas son vrai nom, mais j’ai entendu certains l’appeler Chantal, les autres muvyeyi, et d’autres qui confondent docteur et infirmière l’appeler Muganga. Je ne lui ai pas demandé son nom, quand on s’est croisé pour la première fois, J’étais en mode panique ! Voir ma mère admise à l’hôpital et dans la réanimation ne m’était pas familière.</p>
<p>C’est fou mais à mes 25 ans, c’est la première fois que je vais « kugwaza » (ne fronce pas les sourcils, ça arrive) et je panique parce que je me demande si je vais réellement y arriver. Quand je l’ai aperçu, ma panique n’a fait que s’accentuer. D’après les on-dit, les infirmières « barashishwe ».</p>
<p>Je l’aborde pour la première fois, elle ne sourit pas. Normal, l’hôpital n’est pas le Marrakech du rire, ici les gens, souffrent, meurent… ils ne sont pas là pour rigoler. Elle me répond sur mon bonjour timide par un « <em>Ni we waje kugwaza unomusi ?</em> », Je pense qu’elle a remarqué la peur dans mes yeux et essaie de me tranquilliser. « <em>T’inquiètes pas, je sais que le service de réanimation fait peur mais ça va bien se passer </em>» oups, je pense qu’elle n’a pas saisi ce qui me fait réellement peur mais bon, jouons le jeu.</p>
<p><strong>Des patients, un semblant de famille</strong></p>
<p>Contre tout attente, elle me dit : « <em>viens, je vais te montrer les endroits qui te seront utile</em> », honnêtement je suis surprise, d’après encore les on-dit, j’avais cru comprendre que personne ne te montre rien dans un hôpital public, encore moins les infirmières ! que tu vas seulement les voir venir t’insulter quand t’as mal fait les choses alors qu’elles ne t’ont pas rien montré.</p>
<p>Chantal commence par la toilette, les poubelles, les endroits où faire la lessive, tout…Et maintenant face au service dans lequel j’allais passer des jours.</p>
<p>C’est ma première fois en réanimation, il n’y a pas beaucoup de gens et j’ai l’impression que tout le monde se connaisse. Des grands rideaux séparent les lits et aident à procurer un peu d’intimité. On remarque facilement les nouveaux venus, et à chaque fois ils prennent des nouvelles de tous les patients. <em>Hier, la dame a pu rentrer avec son enfant</em>, ou bien, <em>ce matin, on a amené un enfant qui a un accident, allons voir comment il va</em>, On demande des questions du genre,<em> comment va ton malade </em>? et des fois l’humour prend place aussi.</p>
<p>Quand j’arrive, Chantal commence à me briefer, on dirait qu’elle me présente sa famille.  Et quand je parle de présenter, je parle aussi de plaidoyer, elle me présente ceux dans le besoin plus que les autres.</p>
<p><em>Elle, c’est Diane. Son fils Kevin souffre depuis un mois et elle n’a personne pour lui amener de la nourriture. S’il te reste de la nourriture, ne l’oublies pas.  Elle pourrait aussi faire de la lessive pour toi en échange de l’argent pour qu’elle ait à manger, ça serait bien. Tu sais ici on s’entraide, si tu manques de quelque chose dis le.</em></p>
<p>On passe au lit suivant, <em>Lui, c’est Gad, il a eu un accident de moto, il n’a que sa mère. Ils habitent loin et ne peuvent pas non plus avoir quelqu’un pour leur apporter de la nourriture.</em></p>
<p><em>La dame du lit suivant, je pense qu’elle va sortir bientôt. Son mari passe des fois mais la plupart du temps elle est seule. N’hésite pas à aller lui dire bonjour des fois</em></p>
<p>En écoutant Chantal, l’admiration ne cesse de grandir pour elle, certes elle ne sourit pas mais elle est très attentionnée même dans la manière dont elle parle avec les patients. Ce qui me touche le plus c’est sa manière de plaider pour ces autres malades en difficultés. Quand j’arriva au lit de ma mère, elle me rappela, <em>si tu oublies, au lieu de faire des bêtises, appelle-nous, la cabine des infirmières est là ! </em>elle s’en alla me laissa avec ma mère.</p>
<p>Ma mère aime aussi Chantal puisqu’elle me confie qu’en service de réanimation c’est les infirmières qui s’occupent de la toilette des patients, et qu’elle aime bien quand c’est Chantal qui lui fait sa douche parce qu’elle est attentive,</p>
<p>En entendant les éloges qu’on fit de Chantal, je compris finalement que malgré la réputation des infirmières certaines font honneur à leur métier.</p>
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		<title>Meuf, tu vaux plus que ta jupe!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2024 18:55:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[« On aurait bien besoin d’une jeune fille dans le jury ». Tout a commencé par cette phrase. Apparemment le jury était trop masculin, il fallait un peu de présence féminine. Après, ils disaient aussi vouloir un jeune qui les aide à détecter du sang nouveau, de la créativité au bout des doigts. Moi, dans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>On aurait bien besoin d’une jeune fille dans le jury</em> ». Tout a commencé par cette phrase. Apparemment le jury était trop masculin, il fallait un peu de présence féminine. Après, ils disaient aussi vouloir un jeune qui les aide à détecter du sang nouveau, de la créativité au bout des doigts.</p>
<p>Moi, dans mon petit fauteuil, je n’arrivais pas à y croire, c’était une grosse responsabilité pour moi, une double responsabilité ! En tant que fille je dois montrer mes compétences. Mais encore,  étant jeune, je dois faire honneur à ma génération. Du fond de mes tripes, je sentais qu’il fallait assurer.</p>
<p><strong>Déception</strong></p>
<p>La nuit a été plus longue que d’habitude, je méditais sur la journée qui allait commencer. Certes, je me suis toujours préparé pour des interviews, des tutos sur comment se tenir dans un entretien, que faire ou ne pas faire. Mais jamais je ne m’étais jamais retrouvé à l’autre bout du fil. Je ne m’étais jamais imaginé détenir le sort de quelqu’un entre mes mains, mais j’avais quand même hâte de découvrir de nouvelles idées, des jeunes brillants, des jeunes filles intelligentes, éloquentes qui allaient nous épater.</p>
<p>6h30: L&rsquo;alarme sonne (sauf que je suis déjà debout depuis 6h), je me prépare vite fait et enfile mon habit porte chance puis je m’en vais à la quête d’un bus. Il ne faudrait pas que je sois en retard pour une journée aussi importante.</p>
<p>8h00 : On doit accueillir la première personne, mais personne n’est là ! je ne sais pas si c’est de la colère ou de la déception mais mon cœur bat la chamade, on dirait que c’est moi qui passe l’entretien. Je suis en colère parce que normalement quand on a un entretien, on ne peut pas être en retard sinon, c’est irrespectueux. Mais Relax (sûrement que je suis exigeante)! un autre membre du jury décide de contacter les candidates.</p>
<p>8h30: Personne</p>
<p>8 h45: Pareil&#8230;</p>
<p>9h00:  Une  jeune fille se pointe</p>
<p>“<em>Je m’excuse, je suis en retard ! je n’avais pas vu l’email pour l’interview</em><em>,</em>” dit-elle.</p>
<p>Le président du jury qui semble habitué à ce genre de situation déclara la séance ouverte.</p>
<p>La jeune fille devant nous, semble un peu timide. Elle avait tout de même respecté le code vestimentaire, un pantalon noir très relaxant avec une chemise blanche et des ballerines. Sur ce coup, je ne lui reproche rien.</p>
<p>Le temps tant attendu arriva, j’avais hâte de poser ma question !  <em>Pourquoi toi</em> ? Rien de sorcier, plusieurs tutos sur comment passer des interviews vous diront de vous préparer pour cette question.</p>
<p>Elle arbore un sourire comme si elle avait déjà préparé la réponse. I love it, après, j’avais hâte d’entendre sa réponse !</p>
<p>“Je v<em>ais être très honnête avec vous ! c’est un atout d’avoir une fille dans votre équipe</em><em>. Maintenant que l’égalité de genre est promue par tous, cela vous ferait  un bon point chez vos partenaires si vous aviez une fille belle et intelligente dans votre équipe</em>.”</p>
<p><strong>Pardon, peut-être que je suis moins fière d’être fille</strong></p>
<p>Mea Culpa. Je suis le genre de personne qui aime me comparer aux autres, et voilà, j’aimais bien la « self confidence » de cette fille devant moi. Elle était fière de ce qu&rsquo;elle est: « une fille ». Ça m’a épaté, mais c&rsquo; était aussi le temps de me poser des questions.</p>
<p>Comprenez bien ici. Moi aussi  j’aime être une fille mais avec quelques pincettes. J’aime quand les gens accordent l’importance aux qualités que je possède, aux compétences, à la valeur ajoutée que je peux apporter, mais pas à mes formes, pas parce que je ne suis que fille. Je suis bien consciente de l&rsquo;effort que doivent fournir les femmes pour briser les perceptions sociétales qui ne sont pas de nature à flatter l&rsquo;intellect de la femme.</p>
<p>Les premières impressions comptent. La candidate m’avait laissé avec des questions et mon attention pour les interviews est passée à la trappe. Par la suite, différents jeunes ont passé, certains habillés en style « <em>m’as-tu vu</em> ?” mais leurs cerveaux criant  “<em>je n’ai rien à te donner mais prends moi!”</em><em>, d&rsquo;autres i</em>ntelligents, éloquents, avec des idées créatives. À la fin de la journée, on avait quand même réussi à avoir des profils intéressants, la première fille y compris. J’étais épuisée, très pensive! Cette fille m’avait laissé avec un esprit troublé : serait-ce moi qui ne suis  pas fière d’être une fille ? Ou bien suis-je trop exigeante envers moi et envers d’autres filles ? je reste perplexe.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Diane, cette enfant obligée de grandir pour sauver son enfant</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Sep 2024 15:46:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[« Quelle personne t’a le plus marquée ce mois-ci ? » Une amie me pose la question. Hésitante, je lui raconte l’histoire de cette jeune fille, euh, que dis-je, de cette enfant si critiquée pour son manque d’amour envers son enfant, mais qui est en réalité terrorisée par une maternité qu’elle n’a pas voulue. Bien que condamnée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« <em>Quelle personne t’a le plus marquée ce mois-ci</em> ? » Une amie me pose la question. Hésitante, je lui raconte l’histoire de cette jeune fille, euh, que dis-je, de cette enfant si critiquée pour son manque d’amour envers son enfant, mais qui est en réalité terrorisée par une maternité qu’elle n’a pas voulue. Bien que condamnée par son entourage, abandonnée à elle-même, elle essaie d’assumer sa maternité malgré son jeune âge ! Quel courage ! </strong></p>
<p><span id="more-364"></span>Si j’avais été mère à 19 ans, je me demande quel genre de mère j&rsquo;aurais été. Aurais-je été comme cette jeune fille devant moi ? C’est une question qui ne cesse de me trotter dans la tête depuis que j’ai vu des infirmières la gifler pour qu’elle allaite son enfant.</p>
<p>Diane et moi partageons plus ou moins le même petit espace qu&rsquo;on nous laisse squatter ici à l’hôpital. Un grand rideau nous sépare, mais on peut facilement entendre et voir ce qui se passe dans la pièce à côté. Je l’entends souvent pleurer, et honnêtement, je n’ai même pas la force d’ouvrir le rideau pour lui demander ce qui ne va pas (ici, chacun s’occupe de ses affaires). Son bébé pleure, sûrement à cause du sérum qui pèse sur son petit bras, et parfois, elle l&rsquo;accompagne dans ses pleurs. Finalement, je me décide à ouvrir le rideau. Méfiante au début, je lui demande le nom de son enfant et depuis combien de temps ils sont dans cette salle de réanimation. Elle me répond sans gêne : « <em>Ça fait un mois que nous sommes ici. Mon fils, qui a aujourd&rsquo;hui 5 mois, ne peut respirer que sous machine !</em> »</p>
<p>Après quelques minutes de discussion maladroite, elle me lâche un : « <em>Uyu mwana ndamugoreweko nukuri</em>« . Malgré son look de jeune ado qui entame sa quinzaine, Diane a 19 ans. Originaire de Makamba, elle a été chassée de chez elle par le nouveau mari de sa mère. À la recherche d’un refuge, elle a rencontré un homme qui a accepté de l’aider, mais à un prix. Il l’a mise enceinte et s’est volatilisé dès qu’il a appris sa grossesse, la laissant se débrouiller seule. Sans autre choix, elle s’est réfugiée chez sa grand-mère à Mwaro.</p>
<p><strong>Je n&rsquo;aime pas mon enfant  </strong></p>
<p>« <em>Je n’aime pas cet enfant !</em> » me confie-t-elle timidement. « <em>Je veux dire, je ne voulais pas de lui. Je n&rsquo;ai rien à lui offrir. Jusqu’à aujourd&rsquo;hui, on vit grâce à la bienveillance et la gentillesse des gens. Ils me donnent à manger quand ils en ont. Parfois, j&rsquo;aide les autres malades à faire la lessive, et ils me donnent un peu d&rsquo;argent en retour, mais ce n’est pas tous les jours.</em> »</p>
<p>« <em>Je n’avais jamais pensé être mère ! C’est tout nouveau pour moi. Quand il pleure, je ne sais pas quoi faire, et j’ai envie de pleurer aussi. Les infirmières n’arrêtent pas de m’insulter en disant que je ne suis pas une bonne mère, et honnêtement, je le sais ! J’essaie de l’aimer, j’essaie d’être cette bonne mère</em>. »</p>
<p>Je la regarde, sans savoir quoi dire pour la réconforter. Oui, elle essaie, je le vois vraiment. C’est étrange de l&rsquo;entendre dire qu’elle n’aime pas son enfant, alors que je la vois se démener chaque jour pour avoir un peu d’argent afin que son fils puisse vivre. Honnêtement, je n’ose pas imaginer la vie que mènent ces filles, obligées d&rsquo;être mères alors qu&rsquo;elles sont encore des enfants elles-mêmes. En tout cas, courage à elles ! Diane, courage !</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mpore cane, ton silence en disait long.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Aug 2024 14:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-teka]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Tabou, non ! Ibitavurwa plutôt, c’est ce qu’on aime dire chez nous ! comment avouer que ton propre sang peut abuser de toi ? à qui le dirais-tu ? des fois le silence se trouve être notre seul allié. Ceci est une lettre pour une personne qui me tient à cœur, qui a été meurtri à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tabou, non ! Ibitavurwa plutôt, c’est ce qu’on aime dire chez nous ! comment avouer que ton propre sang peut abuser de toi ? à qui le dirais-tu ? des fois le silence se trouve être notre seul allié. Ceci est une lettre pour une personne qui me tient à cœur, qui a été meurtri à l’intérieur à un si jeune âge. Ange, tu as mon admiration<span id="more-354"></span></p>
<p>Ange, surement que tu vas atterrir sur ces vers un jour. Pas besoin de le signer puisque tu reconnaîtrais ma plume parmi des milliers. Mafuu…à travers ces lignes, tu verras toute mon admiration.</p>
<p>Meuf…je sais que tout d’abord tu vas être en colère parce que j’ai osé écrire ton histoire, depuis que tu m’as raconté ton calvaire, je n’ai pas pu trouver les mots, mais aujourd’hui, j’ose non seulement te le dire publiquement mais j’en profite pour le partager aux autres qui me liront. pardonne moi, je pense que le monde mérite de savoir, le monde mérite de poser un regard nouveau sur tes silences, le monde mérite de te connaitre, du moins de connaitre ton histoire, peut être que ça sauvera certains, certains seront révolté comme je l’ai été cette matinée là où tu m’as raconté ton calvaire, certains diront que c’est pas vrai et certains penseront à leurs enfants loin d’eux, aux obstacles qu’ils pourraient traverser, et certains iront jusqu&rsquo;à dire : les filles baracreea utu Drama.</p>
<p>Mais moi, je sais que tu es une battante, et j’espère qu’à travers ces quelques vers mélancoliques tu ne revivras pas les abîmes de ton passé, mais que ça te permettra de voir ce  que t’as déjà surmonté, à quel point tu es extraordinaire et à quel point je t’aime</p>
<p><strong>Tu rêvais comme on peut rêver à 15 ans…</strong></p>
<p>Tu avais 15 ans, n&rsquo;est-ce pas ?  L’âge ou tu te permets de rêver, et d’ailleurs, tu rêvais comme on peut rêver à cet âge, normal tu ne te doutais pas du malheur qui te guettais. Ton père paix à son âme, était un visionnaire, il voulait voir sa fille fréquenter les bonnes écoles, pour lui, bonne école était synonyme d’école de Bujumbura. Il disait que l’intelligence de sa fille ne pouvait pas rester méconnu au fin fond de la campagne, il avait raison, tu es très intelligente. Bugendana n’est pas si campagne que ça mais pour lui, pour tes rêves (parce que tu rêvais de Bujumbura aussi) tu es descendu, dans cette chaleur qui allait t’étouffer à petit feu.</p>
<p>Tu as été accueilli par ton oncle, tu l’aimais beaucoup, tu disais qu’il avait été le seul à avoir réussi sa vie dans votre famille, et d’ailleurs c’est lui qui payait les frais scolaires de tes petits frères. Tu l’avais pris comme modèle, tu enviait tes cousines et tu rêvais de réussir toi aussi pour venir en aide à ta pauvre mère. Tu ne peux pas t’en vouloir d’avoir cru en lui, C’est très impressionnant de rêver gros comme ça sachant le contexte de notre pays, moi je tire mon chapeau. L’oncle idéal s’est révélé être un bourreau. Je me rappelle tes propres mots et je sens des larmes couler : Aux premiers abords il s’est contenté de simples attouchements en me menaçant de me renvoyer si je faisais la dure, très vite, ces derniers ont laissé place au fruit défendu. Je ne pouvais rien dire puisque c’était lui qui payait tout pour mes petits frères, et puis qu&rsquo;aurait dit mon père ? qu’aurait-il advenu ? tout comme moi, il idéalisait son frère, j’ai dû j’ai encaissé sans rien dire<br />
En écrivant, je me rappelle tes larmes et je ne peux que compatir, tu n’étais qu’une enfant, ton corps n’était pas prêt, il est d’autant moins aujourd’hui,</p>
<p>Je n’écris pas ça pour te rappeler les détails que tu connais déjà, tu as tant médité en silence, je voudrais que tu saches que t’es une battante, je sais que tu culpabilises, et ça me fend le cœur, je ne vais pas te dire que ça va s’estomper comme ça, mais tu ne devrais pas t&rsquo;en vouloir, ce n’était pas ta faute, mpore cane<br />
Aux autres qui me lisent, vous l’avez vécu ou bien vous savez celui qui a vécu ça, rappelons-leur à quel point elles n’ont pas mérité ça, ce n&rsquo;était pas leur faute.</p>
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