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	<title>e-teka &#8211; e-menye</title>
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	<title>e-teka &#8211; e-menye</title>
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		<title>Bedetse, l’héroïne dans l’ombre des traditions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Billy Muhoza]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jan 2025 14:58:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-teka]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans les recoins isolés et oubliés de nos sociétés, vivent des femmes hors du commun, des modèles de courage et de résilience. Souvent invisibles, ces héroïnes du quotidien mènent des combats silencieux pour améliorer la vie de leurs familles et de leurs communautés. Dans une province du nord du Burundi, plus précisément sur la colline [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b><i>Dans les recoins isolés et oubliés de nos sociétés, vivent des femmes hors du commun, des modèles de courage et de résilience. Souvent invisibles, ces héroïnes du quotidien mènent des combats silencieux pour améliorer la vie de leurs familles et de leurs communautés.</i></b><span id="more-437"></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une province du nord du Burundi, plus précisément sur la colline Kavomo à Kirundo, où traditions et croyances continuent de peser lourdement sur les esprits, vit Bedetse, une quinquagénaire.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mère de trois filles, elle incarne une force tranquille et une résilience admirable face à un préjugé tenace. Dans cette communauté, avoir que des filles est considéré comme une malédiction. Oui, vous avez bien lu, au 21 e siècle, précisément en 2025, il y a encore des gens qui pensent ainsi. Chaque jour, elle endure les commérages et les remarques désobligeantes, certains n&rsquo;hésitant pas à lui lancer cette phrase blessante : </span><em>« Ntaco wavyaye »</em><b>.</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Influencé par cette mentalité, son mari l’abandonne. Il part fonder une autre famille, espérant que son épouse lui donnera enfin un fils. Mais Bedetse refuse de se laisser vaincre par le désespoir. Avec courage, elle se bat chaque jour pour offrir une vie digne à ses enfants, prouvant ainsi que sa valeur ne dépend pas des attentes de la société.</span></p>
<p><b>La femme qui fait naître l’espoir</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré le poids du rejet et des jugements qui l’entourent, Bedetse ne baisse jamais les bras. Elle se bat chaque jour pour offrir une éducation pleine de valeurs à ses trois filles, et affronte les moqueries sans jamais laisser son amour pour elles s’éteindre. Aujourd’hui, voir ses filles grandir et terminer leurs études est pour elle une immense fierté. Avec une émotion palpable, elle confie  : « Ntakindi narimfise cokubaha atari urukundo n’umwete wo kubarera. »</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Mais Bedetse ne se limite pas à ses succès personnels. Elle sait que la force qu’elle a cultivée au fil des années peut servir d&rsquo;exemple pour d’autres femmes. Elle commence alors à rassembler les femmes de son village. Les groupes WhatsApp de discussion entre femmes est un luxe pour elles, elles opèrent à l’ancienne, elles se rencontrent, partagent leurs peines, leurs espoirs et leurs rêves. Ces rencontres deviennent un lieu de réconfort, où ces femmes, souvent seules face aux épreuves de la vie, trouvent une écoute attentive et un soutien sincère. Elles partagent comment élever leurs filles et fils dans un monde souvent indifférent à leurs luttes. Elles évoquent les blessures causées par des années de sacrifices invisibles. Ensemble, elles forment une communauté solidaire où les défis sont partagés et les solutions trouvées avec simplicité.</span></p>
<p><b>L’union fait la force</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Inspirée par son expérience personnelle, Bedetse propose une idée simple mais efficace aux femmes de sa communauté : l&rsquo;épargne solidaire. Chaque semaine, chacune met de côté une petite somme d’argent, somme qui peut paraître insignifiante à première vue. Pourtant, ces contributions régulières, accumulées au fil du temps, deviennent un levier financier capable de transformer leurs rêves en réalité. C’est ainsi qu’elles parviennent à lancer des initiatives modestes mais porteuses de changement.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ce qui émerveille Bedetse, ce sont les sourires retrouvés de ces femmes. À travers leurs succès, aussi modestes soient-ils, elle voit la preuve que l’espoir renaît. Ces victoires discrètes, souvent ignorées du reste du monde, remplissent son cœur d’une immense fierté. Elle répète souvent avec conviction : « Une femme qui se tient debout peut en relever dix autres. » Par ses actions, son amour et son dévouement, Bedetse incarne une véritable héroïne de l’ombre. Elle n’a pas besoin de projecteurs pour illuminer la vie de celles qu’elle aide. Ses gestes empreints d’humanité suffisent à éclairer leur chemin vers l’autonomie.</span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans une société comme le Burundi, qui valorise l’homme et ses capacités masculines, chaque femme doit prendre conscience du pouvoir qui est le sien. Elle détient la clé pour transformer ses combats en triomphes, tant pour elle-même que pour les générations futures.</span></p>
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		<title>Deux filles, un miroir, une nouvelle version de moi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Billy Muhoza]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2025 09:07:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-teka]]></category>
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					<description><![CDATA[Ceci est l’histoire de deux jeunes filles qui m’ont appris à comprendre que les idées préconçues sur les capacités des femmes ne sont qu’un leurre, à travers leur mode de vie et leur détermination, elles m’ont enseigné que les filles, elles aussi, peuvent rêver grand, accomplir des exploits et briser les barrières. Elles sont, sans [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Ceci est l’histoire de deux jeunes filles qui m’ont appris à comprendre que les idées préconçues sur les capacités des femmes ne sont qu’un leurre, à travers leur mode de vie et leur détermination, elles m’ont enseigné que les filles, elles aussi, peuvent rêver grand, accomplir des exploits et briser les barrières. Elles sont, sans aucun doute, ma plus belle école de vie.</em></strong><span id="more-431"></span></p>
<p>Dimanche 5 janvier 2025, 11 h 54. Je suis assise au bord du lac Tanganyika. Il fait très calme. Mais au fond de moi, c&rsquo;est une tout autre réalité. J&rsquo;ai choisi cet endroit calme pour refaire le bilan de ma vie, des leçons apprises cette année qui vient de s’achever. Mes pensées vagabondent, m&rsquo;entraînant bien loin, à l&rsquo;époque où j’étais vendeuse ambulante de chemises pour hommes. Comme un choc brutal, je me rappelle de ces phrases qu’on me répétait sans relâche : « <em>We dogo aho urondera amahera ushaka kuzoganza umugabo wewe, genda wisige use neza, ibisigaye urindire umugabo canke urindire aho bazogutereka mu biro.</em> »</p>
<p>Hein ? Je cherchais simplement à travailler, à gagner ma vie dignement et voilà ce qu&rsquo;on me sortait. On me faisait comprendre que mon destin était déjà tracé. Que je devais me contenter de m’asseoir sagement, bien maquillée, en attendant qu’un mari vienne me « sauver » ou qu’on me place à un poste, non pas pour mes compétences, mais parce que j’étais une fille. Sérieusement ?</p>
<p>À l’époque, je me disais qu’ils avaient peut-être raison.  « Peut-être devrais-je juste me calmer et suivre le trend ».  Mais une petite voix au fond de moi s’élevait : « Non ! Il y a quelque chose qui cloche ici ! ».  Pourquoi cette idée absurde qu’une fille ne peut pas se battre pour sa propre vie ?</p>
<p><strong>Des rencontres inattendues </strong></p>
<p>Je décroche un nouveau boulot. Franchement, je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Je me dis dans ma tête : «<em> Je vais travailler dur, faire des petits sourires à tout le monde, dire bonjour et merci, &#8230;voilà, rien de compliqué.</em> » Mais surprise ! Les choses ne se déroulent pas comme prévu, j’ai dû apprendre à défendre mes ambitions.</p>
<p>J’ai eu la chance de côtoyer deux collègues de mon âge. Ces filles-là ne sont pas timides comme moi et leur manière de penser est parfaitement différente de celle de mes précédents contacts.</p>
<p>La première, de petite taille et avec des dreadlocks, dégage une tranquillité impressionnante. Son visage calme et sa discrétion totale laissent planer un mystère sur ses pensées. À première vue, on pourrait la croire timide et réservée. Mais dès qu&rsquo;elle ouvre la bouche, ses idées et sa façon d’expliquer les choses vous frappent comme un éclair. Ah ouais, elle est vraiment intelligente. Ce n&rsquo;est pas une intelligence que l&rsquo;on devine en la regardant, mais celle qui surprend dès qu&rsquo;elle commence à parler.</p>
<p>Et puis, il y a la deuxième, de grande taille, qui dégage une prestance naturelle. Elle s&rsquo;exprime avec assurance et tranquillité. Pas besoin de hausser le ton ; elle explique calmement, avec clarté, et captive son audience sans efforts. Ces deux filles, chacune à sa manière, incarnent une forme d’intelligence profonde et captivante. Tu ne peux pas deviner leur potentiel juste en les regardant. Mais dès qu’elles prennent la parole c’est fini. Tu te tais, tu écoutes, et tu prends des notes.</p>
<p><strong>Le modèle qui m’a fait grandir</strong></p>
<p>Ce qui est drôle, c’est qu’elles ne se rendaient même pas compte qu’elles étaient en train de m’enseigner quelque chose. Elles faisaient simplement leur travail, tandis que moi, je les observais comme une élève assidue. En les voyant défendre leurs idées et gérer des situations avec confiance et sérénité, je me suis dit : « Moi aussi, je peux le faire ».  J&rsquo;avais l&rsquo;impression de regarder dans un miroir spécial et je ne voyais plus la fille pleine de doutes que j&rsquo;étais. À travers elles, je voyais la version de moi-même que je pouvais devenir. Une version qui ose prendre des décisions et ne se laisse pas limiter par les clichés liés au genre. Eh bien non, je n’attendais plus personne, j’étais prête à prendre ma place.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, alors que je me trouve ici, face à ce lac tranquille, je repense encore aux personnes qui me disaient de m&rsquo;asseoir et d&rsquo;attendre un mari qui s&rsquo;occuperait de tout. Si je pouvais retourner dans le passé, je leur répondrais avec assurance : « Non, je vais me battre pour mes ambitions. »</p>
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		<title>Ma mère, la pionnière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Guy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Oct 2024 15:36:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-teka]]></category>
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					<description><![CDATA[Je me souviens de cette interaction comme si elle avait eu lieu hier. De sa suzuki vieille de 14 ans, elle me raconte une histoire de bravoure comme on en entend rarement et me donne une leçon de vie précieuse. J’avais enfin prêté attention aux regards ahuris, aux cris d’admiration des passants dirigés vers ma [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Je me souviens de cette interaction comme si elle avait eu lieu hier. De sa suzuki vieille de 14 ans, elle me raconte une histoire de bravoure comme on en entend rarement et me donne une leçon de vie précieuse.</strong><span id="more-393"></span></p>
<p>J’avais enfin prêté attention aux regards ahuris, aux cris d’admiration des passants dirigés vers ma mère et ses cheveux en pagaille à cause du vent sur la moto. Je ne comprenais pas pourquoi et d’autant plus que je venais de réaliser que ces réactions avaient toujours été présentes à chaque sortie sur sa moto. Je lui ai donc posé la question dès notre arrivée à la maison  « pourquoi tant de gens te scrutent et t’admirent quand tu roules sur ta moto ? « .  Sa réponse m’a fait voyager à une époque non loin de la mienne mais pourtant inconnue. A ce jour, cette réponse constitue l’une des plus grandes leçons de vie que j’ai eues.</p>
<p>Avant de me répondre, Maman sourit : “oh cher fils, tu sais ces réactions n’ont pas toujours été positives. Avant ce n’étaient que moqueries et indignations.” Voyant qu’elle me laissait sur ma soif, elle m’invita à m’asseoir pour parler.</p>
<p>Elle reprît donc. “Apprendre à conduire une moto n’a jamais été un rêve. Lors d’une distribution de motos pour faciliter notre travail, l’envoyé du donateur s’est exclamé <em>‘ Mais vous êtes une femme ! Dans ce cas, vous ne recevrez pas de moto, vous trouverez bien un collègue qui vous conduira où vous voudrez vous rendre.’  </em>Offensée qu’on ne m’ait pas donné de chance pour savoir si oui ou non je savais conduire la moto, je répondis qu’il ne serait pas nécessaire qu’on me conduise étant donné que j’allais apprendre à conduire la moto. Suite à quoi on me la laissa non sans un air réprobateur.</p>
<p>J’ai réussi avec beaucoup de mal à trouver qui voudrait bien m’apprendre à la conduire. C’est une petite ville. Tout le monde était au courant de la prétentieuse femme qui voulait manier une moto. C’est donc aux regards d’une foule de gens que se déroula ma première séance d’apprentissage, au stade de football. Au bout de quelques minutes, un léger déséquilibre, je suis à terre, la jambe en feu, le moteur en surchauffe me brule. J’arrive à m’extirper de là mais la foule s’accumule. Des bruits de rires moqueurs par ici, des mots accusateurs par là; ‘eeh, yari azi ngo ni ugusimbirako gusa! umwanya twataye, nagira ni ibindi”&#8230;  Malgré la douleur, je sais que ce n’est pas fini.</p>
<p>Le lendemain, personne ne revînt, convaincu que j’avais jeté l’éponge. Je me suis entraîné toute la journée et au coucher du soleil, j’avais pris l’habitude. Le surlendemain, j’étais dans la rue, fière de moi et amoureuse de ma moto au plus grand ébahissement du public. Les réactions étaient mitigées mais convergeaient plus ou moins sur le même commentaire ‘ ni ishirasoni wa mugore’. Des femmes venaient même me conseiller d’arrêter, que cela n’était pas digne de moi. Hormis ton père qui m’encourageait, personne ne me comprenait.</p>
<p>Cher fils, je te vois au bord des larmes mais saches que je voyais en cela une victoire personnelle. Casser des codes, je l’avais commencé depuis mon arrivée dans cette petite ville. Les femmes n’osaient pas sortir au bar ou au restaurant entre elles, encore moins avec des hommes ; mais moi je le faisais, les femmes ne payaient pas l’addition en présence de leurs maris, mais moi je le faisais. Les commentaires étaient les mêmes.</p>
<p>Alors, voilà qu’une dizaine d’années plus tard, la même personne sur la même moto reçoit de l’admiration par les mêmes individus qui la dénigraient. Voilà qu’une décennie plus tard les mêmes femmes vont mêmes dans des clubs, organisent des rencontres et font des activités alors crues masculines ou indécentes pour une femme. Il n’en faut pas trop pour changer la donne, parfois il suffit de suivre ce qui est juste et rester ferme pour faire valoir tes droits. La plupart des mauvaises critiques viennent des gens qui aspirent à avoir le même courage.</p>
<p>Yeux pleins de fierté et de compassion, j’écoutais presque religieusement ma mère me raconter une histoire vraie, un modèle de persévérance, une leçon que je garderai toute ma vie.</p>
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		<title>Mpore cane, ton silence en disait long.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Aug 2024 14:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-teka]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[Tabou, non ! Ibitavurwa plutôt, c’est ce qu’on aime dire chez nous ! comment avouer que ton propre sang peut abuser de toi ? à qui le dirais-tu ? des fois le silence se trouve être notre seul allié. Ceci est une lettre pour une personne qui me tient à cœur, qui a été meurtri à [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Tabou, non ! Ibitavurwa plutôt, c’est ce qu’on aime dire chez nous ! comment avouer que ton propre sang peut abuser de toi ? à qui le dirais-tu ? des fois le silence se trouve être notre seul allié. Ceci est une lettre pour une personne qui me tient à cœur, qui a été meurtri à l’intérieur à un si jeune âge. Ange, tu as mon admiration<span id="more-354"></span></p>
<p>Ange, surement que tu vas atterrir sur ces vers un jour. Pas besoin de le signer puisque tu reconnaîtrais ma plume parmi des milliers. Mafuu…à travers ces lignes, tu verras toute mon admiration.</p>
<p>Meuf…je sais que tout d’abord tu vas être en colère parce que j’ai osé écrire ton histoire, depuis que tu m’as raconté ton calvaire, je n’ai pas pu trouver les mots, mais aujourd’hui, j’ose non seulement te le dire publiquement mais j’en profite pour le partager aux autres qui me liront. pardonne moi, je pense que le monde mérite de savoir, le monde mérite de poser un regard nouveau sur tes silences, le monde mérite de te connaitre, du moins de connaitre ton histoire, peut être que ça sauvera certains, certains seront révolté comme je l’ai été cette matinée là où tu m’as raconté ton calvaire, certains diront que c’est pas vrai et certains penseront à leurs enfants loin d’eux, aux obstacles qu’ils pourraient traverser, et certains iront jusqu&rsquo;à dire : les filles baracreea utu Drama.</p>
<p>Mais moi, je sais que tu es une battante, et j’espère qu’à travers ces quelques vers mélancoliques tu ne revivras pas les abîmes de ton passé, mais que ça te permettra de voir ce  que t’as déjà surmonté, à quel point tu es extraordinaire et à quel point je t’aime</p>
<p><strong>Tu rêvais comme on peut rêver à 15 ans…</strong></p>
<p>Tu avais 15 ans, n&rsquo;est-ce pas ?  L’âge ou tu te permets de rêver, et d’ailleurs, tu rêvais comme on peut rêver à cet âge, normal tu ne te doutais pas du malheur qui te guettais. Ton père paix à son âme, était un visionnaire, il voulait voir sa fille fréquenter les bonnes écoles, pour lui, bonne école était synonyme d’école de Bujumbura. Il disait que l’intelligence de sa fille ne pouvait pas rester méconnu au fin fond de la campagne, il avait raison, tu es très intelligente. Bugendana n’est pas si campagne que ça mais pour lui, pour tes rêves (parce que tu rêvais de Bujumbura aussi) tu es descendu, dans cette chaleur qui allait t’étouffer à petit feu.</p>
<p>Tu as été accueilli par ton oncle, tu l’aimais beaucoup, tu disais qu’il avait été le seul à avoir réussi sa vie dans votre famille, et d’ailleurs c’est lui qui payait les frais scolaires de tes petits frères. Tu l’avais pris comme modèle, tu enviait tes cousines et tu rêvais de réussir toi aussi pour venir en aide à ta pauvre mère. Tu ne peux pas t’en vouloir d’avoir cru en lui, C’est très impressionnant de rêver gros comme ça sachant le contexte de notre pays, moi je tire mon chapeau. L’oncle idéal s’est révélé être un bourreau. Je me rappelle tes propres mots et je sens des larmes couler : Aux premiers abords il s’est contenté de simples attouchements en me menaçant de me renvoyer si je faisais la dure, très vite, ces derniers ont laissé place au fruit défendu. Je ne pouvais rien dire puisque c’était lui qui payait tout pour mes petits frères, et puis qu&rsquo;aurait dit mon père ? qu’aurait-il advenu ? tout comme moi, il idéalisait son frère, j’ai dû j’ai encaissé sans rien dire<br />
En écrivant, je me rappelle tes larmes et je ne peux que compatir, tu n’étais qu’une enfant, ton corps n’était pas prêt, il est d’autant moins aujourd’hui,</p>
<p>Je n’écris pas ça pour te rappeler les détails que tu connais déjà, tu as tant médité en silence, je voudrais que tu saches que t’es une battante, je sais que tu culpabilises, et ça me fend le cœur, je ne vais pas te dire que ça va s’estomper comme ça, mais tu ne devrais pas t&rsquo;en vouloir, ce n’était pas ta faute, mpore cane<br />
Aux autres qui me lisent, vous l’avez vécu ou bien vous savez celui qui a vécu ça, rappelons-leur à quel point elles n’ont pas mérité ça, ce n&rsquo;était pas leur faute.</p>
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		<title>Celle-ci n’est pas mon histoire, mais plutôt celle de ma mère</title>
		<link>https://e-menye.com/2024/02/19/celle-ci-nest-pas-mon-histoire-mais-plutot-celle-de-ma-mere/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fleurissa]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Feb 2024 10:39:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[e-teka]]></category>
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					<description><![CDATA[Femme rebelle ? En tous cas la première personne qui me venait à l’esprit ce n’était pas elle, pourtant, elle l’a été.  I have to admit it « Je n’ai jamais eu de bonne relation avec ma mère » (come on !  Je ne suis pas la seule quand même). Honnêtement, Je ne me rappelle pas avoir passer 30 minutes [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b><i>Femme rebelle ? En tous cas la première personne qui me venait à l’esprit ce n’était pas elle, pourtant, elle l’a été. </i></b><span id="more-207"></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">I have to admit it « </span><i><span style="font-weight: 400;">Je n’ai jamais eu de bonne relation avec ma mère » </span></i><span style="font-weight: 400;">(come on !  Je ne suis pas la seule quand même). Honnêtement, Je ne me rappelle pas avoir passer 30 minutes en discussion avec ma mère hormis la fois où elle a abordé la discussion là ! la fameuse discussion (vous voyez de quoi je parle non) : « </span><i><span style="font-weight: 400;">Maintenant t’es adulte, éloigne-toi des garçons. </span></i><span style="font-weight: 400;">» Blablaaa alors, comme on ne s’entendait pas trop, vous comprenez bien que je ne m’étais jamais intéressée à son histoire. Jusqu’à ce jour-là ! </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">On parlait de modèles, de ce que je voulais devenir dans la vie quand elle a jugé important de me raconter une partie de sa vie !  </span></p>
<p><b>Ma seule erreur, être fille</b></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">J’ai perdu ma mère quand j’étais en 5eme année primaire et une année après mon père ne voulait plus que je continuai l’école</span></i><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Si j’ai fait les études avant, c’est parce que ma tendre mère avait plaidé auprès de mon père ! Mais maintenant qu’elle était plus là, c’était dur de convaincre mon père qui me disais « T’es une fille bon sang !! Reste là c’est ta place »,</span></i></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;"> J’étais jeune, je m&rsquo;en foutais de l’école, alors j’ai arrêté.il m’a fallu un déclic pour y retourner. Le déclic a été le remariage de mon père.  Je te jure que les fameuses histoires sur les marâtres ne sont pas que des contes, hélas non !!! Je n’avais même pas le droit de me servir à manger dans ma propre maison. Le bémol, ma marâtre a vendu l’héritage que m’avait laissé ma mère, ma vache Munyana c’est ainsi que je l’avais nommé, c’était tout ce qui me restait de ma mère. prétexte t’as dit ? Elle n’avait pas besoin de prétexte, elle m’a juste dit que j’en avais pas besoin vu que j’étais une fille. J’ai voulu me révolter mais mes arguments ne pesaient pas, pour une fois je m’en voulais d’être fille.  </span></i></p>
<p><b><i>Nouveau moi </i></b></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Il fallait que je m’éloigne d’elle et l’école me semblait une belle échappatoire. Il y avait une maîtresse, je l’aimais bien car elle était différente des autres femmes que je voyais, je voulais être comme elle, éduquée, respectée. Quand j’ai dit à mon père, mon désir de retourner à l’école, il s’y est   opposé « On a déjà un bon parti pour toi, t’es encore jeune mais il a dit qu’il attendra donc tu restes là ! » sérieux !!!Je n’étais pas prête pour le mariage.</span></i></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">Le lendemain, je me suis levé de bonne heure et j’ai pris la route, direction Gitega. J’ai marché pendant de longues heures. De Muramvya à Gitega c’est pas vraiment la porte à côté surtout quand tu n’as pas de sou pour le transport. J’ai fini par demander un lift malgré les histoires douteuses que j’avais déjà entendu des lifts, après tout j’avais plus vraiment grand-chose à perdre. Quand je suis arrivé à Mushasha, je me suis dirigée à une école de sœur, je leur ai raconté mon histoire et faut dire que c’était une époque où la compassion existait encore, elles m’ont dit de rentrer et de revenir à la rentrée, bonus elles m’ont même donné de l’argent pour rentrer. A mon retour , on m’a accueillie avec un « yaco uguma wiyerereza uri umwana w’umukobwa, we ntubona ko uzodutukisha ! », vous pensiez que je leur ai dit la vérité ? Je ne suis pas folle. Comme quoi : toute vérité n’est pas bonne à dire. </span></i></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">La rentrée scolaire m&rsquo;a permis de m&rsquo;éloigner de ma marâtre, c’était une autre aventure qui commençait. Je ne l’ai dit à mon père qu’une fois arrivée à l&rsquo;école à l’aide d’un messager. Durant le premier trimestre, je n’ai pas eu de nouvelles de mon père. Quand je suis rentrée pour les vacances, j’avais gagné une compétition de dessins au niveau provincial, J’étais tout excitée de le dire à mon père sauf qu’à mon arrivee j’ai trouvé ma chambre occupée, la femme de mon père me lâcha un : « tu t’attendais à quoi ? Tu es partie alors on a fait louer ta chambre » choc !!!!! Je me suis fait jeter dans ma propre maison, et mon père n’a même pas daigné lever le petit doigt !</span></i></p>
<p><i><span style="font-weight: 400;">j&rsquo;espérais compter sur mes grandes sœurs mais hélas non!Elles étaient mariées et disaient que leurs mari ne voulaient pas de complications. il était temps de me débrouiller toute seule.j’ai du partir avec une soi-disant “bon samaritaine”(mon oeil) qui venait de la capitale. Elle tenait un restaurant et elle m&rsquo;a promis hébergement à l&rsquo;échange de mes services le temps des vacances. j’ai pu alors continué mes études (heureusement qu’il y avait les écoles internat).</span></i></p>
<p><b>Nul n’est prophète chez soi, really ?</b></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Alors qu’elle racontait son histoire, moi j’étais choquée. Dire que dans les années 80, non j’exagère, ça s’est passé en 1968… il y avait des filles révoltées qui t’à faire la fugue pour chercher une école, des filles qui rêvaient d’être différentes. Des filles qui s&rsquo;autorisaient à rêver dans une société où le fait d’être fille était une contrainte. J’avais l’impression de lire un roman, tellement ça ne lui ressemblait pas. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Le temps d’une pause, je l’ai regardé avec un regard nouveau ! de l’admiration ! et après j’ai reçu ma leçon. « Ikibano kirakengeretse » dit on ! et la bible que « nul n’est prophète chez soi », tout ça pour dire que parfois, on fantasme sur des clichés que la société nous vend, des modèles peints dans les normes de notre société en oubliant ces gens autour de nous aux parcours inspirants ! Femme rebelle ? En tous cas la première personne qui me venait à l’esprit n’était pas ma mère, pourtant, elle l’a été à une époque.</span></p>
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