Celle-ci est une partie d’une conversation très personnelle avec moi-même. Ces trois textes sont extraits d’un journal intime, né d’une introspection face au « corporate world ». Entre attentes déçues et solutions inattendues, ils résument trois années de mon expérience professionnelle. Ce journal n’était pas destiné à être lu, mais j’ai décidé de laisser ces mots « fuiter », peut-être dans l’espoir qu’ils résonnent avec d’autres.
Il est si facile de se trouver mille et une excuses lorsque l’on se retrouve dans une pareille situation. Et pour être honnête, je n’ai pas fait exception à la règle.
Au début, j’ai essayé de jouer le jeu. J’ai adopté le sourire « robot » que tout le monde affichait (je le trouve toujours ridicule et bête ce sourire et il m’agace). Je n’ai pas “saboté” les nouvelles recrues (oui, l’entreprise recrute presque tous les mois) comme la plupart de mes collègues le faisaient, mais je les ai superbement ignorées, à part le sourire obligé, la marque déposée de la compagnie. Je jouais la carte du « trop occupé » pour ne pas aider les nouveaux venus… mais ça me fatiguait tellement. Chaque soir que je faisais une introspection, je trouvais que ce système n’était pas juste envers les personnes qui arrivaient, mais je me trouvais une excuse : ce n’est pas moi qui l’ai instauré, je ne suis qu’une victime comme les autres.
Et puis un jour, je me suis levé et j’ai décidé de changer. Changer tout le système ? Non. Changer moi-même, oui. J’ai pris la décision d’être moi-même. Je ne voulais plus suivre comme un robot. Et si cela devait me coûter ce travail, j’étais prête. J’ai élaboré un calendrier incluant les tâches à faire, les attitudes à adopter, la façon de voir les choses, … pour me retrouver dans ce que je faisais, pour aider les nouvelles recrues, mais surtout pour être cohérente avec mon fort intérieur. J’ai vite remplacé le sourire artificiel par mon vrai rire. J’ai engagé des discussions assez profondes avec mes collègues, j’ai posé les questions “qui dérangent” pendant les réunions et, apparemment, ce n’était pas aussi difficile que je le pensais.
“Kirazira kwidodomba…”
Les fidèles chrétiens connaissent probablement ce message. C’est le slogan anti-plainte, maintes fois répété par le prédicateur Chris Ndikumana. Pour ceux qui aiment les livres, vous connaissez peut-être la grande écrivaine afro-américaine Maya Angelou. Une de ses citations pourrait se traduire: « Ce que tu es censé faire quand tu n’aimes pas quelque chose, change-le. Si tu ne peux pas le changer, change la façon dont tu le perçois. Ne te plains pas. »
Ce que j’ai appris de mon expérience, c’est que ces principes, qu’ils viennent de la chaire d’un pasteur ou des pages d’un livre, ne sont pas de simples maximes religieuses ou des slogans creux. Ce sont des pépites de sagesse, capables de transformer même une vie professionnelle infernale en un espace où l’on navigue entre le bonheur et l’ambition. La clé n’est pas de forcer le changement chez autrui, mais de modifier sa propre façon de penser et, par conséquent, d’agir.
Notre état d’esprit joue un rôle prépondérant dans notre épanouissement quotidien. Il est de notre responsabilité de choisir ce qui nous nourrit. Il est si facile, aujourd’hui, de sombrer dans l’“ auto-victimisation”, de se dire qu’on est impuissant face aux circonstances. Il est tentant de céder ses ambitions et de suivre le courant sous prétexte que « l’on ne peut rien » faire. On entend de nombreux jeunes plaisanter, affirmant suivre « le rythme du pays », que tout est perdu, se disant victimes des systèmes scolaires, professionnels, voire du régime entier. Mais ont-ils vraiment raison ?
La question fondamentale que nous devrions nous poser est “ Suis-je fier(ère) de la place de victime que je me suis faite dans toute cette histoire ?”
La réponse que vous vous donnerez ne sera pas un verdict, mais une porte. Une nouvelle entrée vers la sortie ou, du moins, vers la paix, là où vous vous trouvez en cet instant précis.
On se dit à plus pour la fin😊



Tu dis avoir choisi de changer, mais étais-ce un choix ou la résilience (pour ne pas dire resignation) pour survivre intérieurement ?
Et si la vraie question n’était pas (suis-je victime ? ) mais (quand dois-je partir 😂😂😂😂😂😂) vu que tu ne changes pas la routine de manipulation dans le monde pro. Mpore cane 😂
Mon avis, je trouve que refuser le rôle de victime est une autre forme de confort moral.